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Fonds en déshérence: Fondation du Peuple juif contestée

A New York, à l'invitation du Congrès juif mondial, de nombreuses personnalités ont célébré la fin de l'affaire des Fonds en déshérence. swissinfo.ch

Le dîner de gala offert lundi soir par le Congrès Juif Mondial à New York a officialisé l'idée de la création de la Fondation du Peuple Juif. A peine lancée, cette dernière suscite déjà la controverse au sein même de la communauté juive.

Ce contenu a été publié le 12 septembre 2000 - 10:37

Les différentes actions en réparation intentées récemment contre la Suisse, l'Allemagne et la France ont alimenté une cagnotte qui s'élève aujourd'hui à 9 milliards de dollars. Composée de plusieurs organisations juives, de survivants de l'Holocauste et de représentants du gouvernement israélien, la Fondation du Peuple Juif a pour mission de décider de l'allocation des fonds dits résiduels, c'est-à-dire des indemnités qui n'ont pas éte réclamées par des survivants ou par les héritiers de victimes de l'Holocauste.

Le Congrès Juif Mondial, qui a créé la Fondation, estime que ces fonds résiduels appartiennent «au peuple juif dans son entier». Par la voix de son président Elan Steinberg, l'organisation a donc suggéré qu'ils soient affectés à des programmes d'éducation portant sur l'histoire juive, à la restauration de communautés juives en Europe, ainsi qu'à la construction de musées et de monuments consacrés à l'Holocauste et à la mémoire de ses victimes.

Beaucoup de Juifs ayant survécu aux horreurs nazies ne sont pas d'accord. Ils exigent que la décision relative à l'utilisation des fonds résiduels revienne aux survivants, et non pas aux organisations qui ont negocié en leur nom. «L'intégralité des fonds résiduels doit aller aux survivants», déclare ainsi Roman Kent, directeur du Rassemblement Américain des Survivants de l'Holocauste.

250.000 personnes qui ont connu les camps de travail et de concentration sont encore en vie, mais leurs rangs s'amenuisent au rythme d'un millier de décès par mois. 130.000 des survivants sont installés aux Etats-Unis et commencent à trouver le temps long.

«Nous en sommes au point où il nous faut supplier pour obtenir ce qui nous appartient légitimement», déplore Joe Sachs. A 74 ans, cet homme, qui a survécu à trois ans de ghetto et trois ans de camp et qui a perdu son père, sa mère, son frère et 52 autres membres de sa famille pendant la guerre, préside la Coalition des Survivants de Floride, l'Etat américain qui abrite le plus grand nombre de survivants de l'Holocauste après celui de New York.

«Nous parlons là d'une population qui est l'héritière biologique de ce qui a été volé en Europe», ajoute Rositta Kenigsberg, fille d'un survivant d'origine polonaise et vice-présidente du Centre d'Information et de Documentation sur l'Holocauste à l'Université Internationale de Floride.

Marie-Christine Bonzom, Washington

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