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Flambée du prix du pétrole: les Suisses restent sereins

Le prix de l'essence importée en Suisse a quadruplé et celui du mazout a bondi de 60%. Keystone

A plus de 32 dollars le baril mardi, le cours du brut n´a jamais été aussi élevé depuis dix ans. La grogne des camionneurs secoue la France et l´Espagne. Plus calmes, les Suisses privilégient la négociation.

Ce contenu a été publié le 05 septembre 2000 - 21:14

La flambée actuelle s'explique par la hausse du pétrole, par celle du dollar et par l'arrivée de nouveaux spéculateurs sur le marché. Conséquence: le prix de l'essence importée en Suisse a quadruplé et celui du mazout a bondi de 60 pour cent.

En fait, l'augmentation est la même mais la fiscalité qui grève le mazout est beaucoup plus légère que celle qui taxe l'essence.

Au deuxième jour de mobilisation, la France et l'Espagne sont en butte à de violents mouvements et Bruxelles, qui juge «inacceptable» le niveau actuel, examine différentes ripostes. Mais le marché c'est le marché et les gouvernements n'ont pratiquement aucune marge de manoeuvre.

Pas trop de remous par contre en Suisse, comme en Allemagne. Et pourtant, selon Michel Balestra, patron de Balestrafic à Genève, «nos charges se sont accrues de 2 pour cent, il est à craindre que les entreprises les moins solides ne connaissent de sérieux problèmes».

A l'Association suisse des transports routiers (Astag), Beat Geiser est fataliste: «les Français ont une autre culture de grève que nous. Bien sûr, la situation est très problématique mais nous n'envisageons rien de tel.» Il y a trois solutions: «faire baisser les prix en diminuant les taxes de base, augmenter nos tarifs (de 4 pour cent...) ou payer la différence de notre poche.» Il en sera question vendredi, après une rencontre avec des représentants politiques et de l'économie.

A l'Union pétrolière, Philippe Cordonier estime que «les Suisses sont moins mal lotis. Grâce notamment à une TVA moins gourmande (7,5 pour cent contre 20), l'essence coûte 1 franc 44 contre 1 franc 80 en France».

Même constat de Philippe Oertlé, du Touring club suisse (TCS): «Individuellement, les automobilistes ne peuvent pas faire grand-chose sinon limiter leurs déplacements au strict nécessaire. Ils se plaignent d'être pris pour des vaches à lait mais ils sont bien forcés de faire le plein».

Et le mazout? Philippe Cordonier estime que «le consommateur, plutôt saisonnier, est plus philosophe: il y perd une année, il y gagne une autre. Il peut différer sa commande en attendant une baisse, très hypothétique en l'occurrence avec l'arrivée de l'automne, mais lui aussi devra bien remplir sa citerne».

Tout le monde a les yeux braqués sur l'OPEP qui doit se réunir le 10 septembre. Mais une augmentation de la production ne permettrait pas de détendre le marché avant des mois. Relativement optimiste, Philippe Oertlé conclut que «les Etats vont bien devoir se concerter».

Mais tout le monde n'est pas perdant et les compagnies pétrolières affichent des résultats insolents. A moindre échelle, les stations d'essence suisses, proches de la France, se frottent les mains: leurs ventes ont augmenté de 50 pour cent ces derniers jours.

Isabelle Eichenberger

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