Navigation

Films soviétiques à la Cinémathèque suisse

"Alexandre Nevski", un classique de 1938 signé Eisenstein. Keystone

Depuis lundi, à Lausanne, la Cinémathèque suisse dévoile un pan du cinéma soviétique. 27 films méconnus, dont certains furent parfois interdits. Ils figuraient dans la rétrospective projetée dans le dernier Festival de Locarno.

Ce contenu a été publié le 16 janvier 2001 - 18:00

Le public va découvrir jusqu'au 25 février à la Cinémathèque suisse, à Lausanne, un florilège impressionniste d'ouvrages tournés entre 1926 et 1968. Ces films, dont certains furent autrefois victimes de la censure, mêlent poésie kitsch, modernité et lourdeur académique.

Sonores ou muets, en noir et blanc ou en couleurs, ces films témoignent de la condition ouvrière, évoquent l'émancipation de la femme, parlent d'étudiants absorbés par le sens du devoir ou encore racontent l'histoire d'une jeune paysanne qui finit par être récompensée de l'Ordre de Lénine.

Cette exploration d'un autre cinéma soviétique s'est concrétisée grâce au partenariat entre le Festival de Locarno et la Cinémathèque suisse. Montée en huit mois, cette rétrospective nécessita, selon le directeur de la Cinématique suisse, Hervé Dumont, «une impressionnante valse d'autorisations, de tractations et de marchandages».

A vrai dire, ce programme n'entend pas remettre en cause les valeurs établies de l'avant-garde soviétique incarnée par les réalisateurs Eisenstein, Vertov ou Koulechov.

Non, il s'agit plutôt de donner au public à visionner des films remaniés contre la volonté de leurs auteurs, ainsi que de rappeler l'existence de films que beaucoup d'historiens avaient négligés.

Mais surtout, cette rétrospective montre quelles étaient les idéologies et les tendances du cinéma soviétique de cette période.

Mercredi prochain, par exemple, le public découvrira «La prostituée» qu'Oleg Frelikh a tourné en 1927. Ce long métrage muet évoque le destin d'une veuve, d'une domestique et d'une orpheline sombrant dans la prostitution.

La censure différa la sortie de cette réalisation et exigea des modifications substantielles, parce que le film était qualifié de «peu vraisemblable». Les autorités soviétiques d'alors estimaient que le problème évoqué était un «avatar typiquement capitaliste».

Emmanuel Manzi

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?