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Expo.02: E-F-G

E comme «Events»: par exemple les Mummenschanz swissinfo.ch

L'abécédaire d'Expo.02: E comme Events, F comme fondue, G comme gaspillage. Avec Nelly Wenger, Frédéric Hohl et Daniel Rossellat, les points de vue divergent.

Ce contenu a été publié le 17 décembre 2001 - 14:43

E comme Events

«Events», Shakespeare aurait compris. Mais pas nécessairement Molière, ni Monsieur Dugenoud. Alors, c'est quoi un «event» en français? Nos trois interlocuteurs s'accordent pour réunir sous ce mot pratique tout ce qui relève des spectacles et de l'animation. Autrement dit, tout ce qui n'est pas expositions, mais interventions. «Event», un mot anglais unique alors que la langue française en aurait eu besoin de plusieurs pour définir la même chose.

Sting ne sera donc pas de la partie, mais y aura-t-il d'autres grands noms internationaux? «Oui, répond Daniel Rossellat, le big boss de ce département. Mais la démarche est tout de même de favoriser une programmation d'artistes suisses et de nouveaux talents. On a besoin de quelques locomotives, donc il y aura quelques artistes d'une plus grande notoriété. Mais je ne suis pas venu pour faire un nouveau Montreux Festival ou un nouveau Paléo Festival. Il s'agit vraiment de créer quelque chose d'unique dans le cadre d'Expo.02».

F comme fondue

Eh oui... les nourritures terrestres, cela existe aussi. Et s'enquérir des préférences gastronomiques de chacun est donc légitime, voire indispensable. «Fribourgeoise!» s'exclame Nelly Wenger. «Gruyère», rétorque Frédéric Hohl. «Plutôt moitié-moitié» conclut Daniel Rossellat. Bref, si vous voulez les inviter ensemble chez vous pour déguster le plat national suisse, ce n'est pas gagné.

G comme gaspillage

Oser des grands projets coûteux, à priori, c'est plutôt bien. Et plutôt rare sous nos helvétiques latitudes. Mais claquer son budget d'un coup et que rien ne subsiste ensuite, n'est-ce pas un peu dommage? Ou, en tout cas, un vrai gros luxe de riche?

Nelly Wenger n'hésite pas un instant: «pas du tout. D'ailleurs je pense que ce sont des choses qu'on sait mieux faire dans les pays pauvres que dans les pays riches, en général. D'ailleurs, 'gaspillage' n'est pas le bon mot. C'est plutôt une question de sens de la fête. Dans toutes les fêtes, vous dépensez de l'argent, à la mesure de vos moyens, pour accueillir les autres, pour passer un bon moment. Ce n'est pas parce qu'il n'en reste rien de matériel, de concret, de durable, que ça n'a pas son importance».

Et d'ajouter: «je suis sûre que les Suisses savent faire la fête, mais c'était difficile de les impliquer dans la fête à l'avance. Mais ce n'est pas du gaspillage, ce sont des investissements. De dépenser de l'argent pour se rassembler, se voir et se parler, c'est absolument nécessaire dans une société».

Tout autre son de cloche du côté de Daniel Rossellat: «personnellement, je le regrette, dit-il. Je trouve qu'on aurait pu imaginer de laisser le Monolithe (à Morat, ndlr), ou, sur un arteplage ou un autre, un théâtre ou une installation qui puisse ensuite être utile à la communauté. Je trouve quand même étonnant ce pays qui a presque honte de son architecture, et ou la tentation écologiste est plus forte que la fierté de créer et de laisser quelque chose aux générations futures».

Frédéric Hohl penche plutôt du côté de Nelly Wenger, mais pas nécessairement pour les mêmes motifs: «j'ai eu l'occasion de visiter l'«après expo» de Séville, je peux vous dire que ça n'est pas joli joli. Donc, soit on a une utilisation qui est vraiment dessinée pour le futur, soit ce n'est peut-être pas si mal de s'arrêter. C'est comme un feu d'artifice: on l'a vu, et si on ne l'a pas vu, tant pis.»

Qu'en penserait la Tour Eiffel, créée pour l'Exposition Universelle de 1889, et dont la concession d'origine devait expirer le 31 décembre 1909? Qu'en penserait surtout Paris qui a transformé un monument voué à l'éphémère en l'un des symboles culturels et touristiques les plus puissants au monde?

Bernard Léchot

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