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Expectative, scepticisme, sinon plus

La droite suisse est sceptique. Les ONG, les agences onusiennes et les gouvernements attendent d'en savoir plus pour réagir à la proposition d'une conférence humanitaire sur l'Irak lancée par Micheline Calmy-Rey.

Ce contenu a été publié le 05 février 2003 - 09:01

Une chose est sûre: on n'a pas attendu la Suisse pour se préparer au pire.

L'ensemble des agences onusiennes et humanitaires présentes à Genève l'ont clairement affirmé mardi: depuis des mois déjà, elles coordonnent leurs efforts dans la perspective d'une intervention militaire internationale contre l'Irak.

«Nous avons des contacts réguliers avec les autres agences concernées à Genève ou sur le terrain», précise ainsi Antonella Notari, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

La dernière réunion de coordination s'est d'ailleurs tenue les 12 et 13 janvier derniers à Genève. Elle a, notamment, permis de mettre à jour les différents scénarios de crise, d'estimer les besoins et de faire le point sur l'état des préparatifs.

En attendant une invitation

Au lendemain de la proposition faite par la Suisse, les gouvernements concernés sont dans l'expectative.

Contactée par swissinfo à Berne, l'Ambassade des Etats-Unis attend d'en savoir plus sur le programme et les participants à cette réunion avant de se prononcer.

De leur côté, la présidence grecque de l'Union européenne (UE) et la Commission européenne affirment qu'elles n'ont «pas été informées» de l'initiative suisse.

A Genève, l'ambassadeur de la Mission irakienne auprès des Nations unies, lui, se contente de saluer une initiative «positive».

A Genève toujours, au siège du Programme pour l'alimentation mondiale (PAM), à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ou au CICR, tout le monde est aussi dans l'expectative. On attend des précisions et une invitation officielle.

La Suisse n'a pas tardé. Mardi, elle a fixé aux 15 et 16 février la date de cette réunion. Et les invitations formelles devaient partir mercredi.

Quoi qu'il en soit, du côté des organisations onusiennes et du CICR, on ne veut pas se prononcer sur l'utilité d'une telle conférence, même si on se déclare ouvert et si personne n'en rejette d'emblée l'idée.

Plus loquace, le patron du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) lâche qu'une telle réunion pourrait jouer un rôle, notamment dans le cadre du financement des opérations humanitaires.

Ruud Lubbers estime important, sinon nécessaire, que les gouvernements échangent des informations et partagent ensemble les conséquences humaines d'une telle guerre.

Mais est-ce bien là le but recherché par la Suisse? Le patron de la Direction du développement et de la coopération (DCC), l'agence chargée d'organiser la conférence) n'a apporté mardi qu'un début de réponse.

«Cette réunion, dit son directeur, Walter Fust, vise à montrer quelles sont les conséquences humanitaires d'une guerre.»

La crainte des partis de droite

Cette initiative, prise dans l'urgence par la ministre (socialiste) des Affaires étrangères, suscite pas mal de scepticisme, sinon de grincements de dents. Y compris en Suisse, plus particulièrement à droite de l'échiquier politique.

A noter tout d'abord, au sein du gouvernement, que les collègues de Micheline Calmy-Rey n'ont été informés officiellement que mardi. Ils ont été mis devant le fait accompli, comme les autres partis gouvernementaux.

Résultat: le président du parti démocrate-chrétien s'inquiète des risques d'une annonce précipitée, alors que les participants éventuels n'ont même pas encore été invités officiellement.

«Si l'organisation de cette conférence échoue, lance Philipp Stähelin, ce ne sera pas bon pour la Suisse.»

La présidente du Parti radical, elle, salue le projet. Tout en mettant un sérieux bémol.

«J'espère, dit Christiane Langenberger, qu'il ne s'agit pas d'une initiative improvisée.»

Quant à l'Union démocratique du centre, elle va même plus loin. Si Micheline Calmy-Rey continue comme ça, lance en substance le spécialiste des affaires étrangères de l'UDC, «la Suisse se rendra ridicule».

swissinfo, Frédéric Burnand

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