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Etrangers: patrons et syndicats poussent un ouf de soulagement

Les milieux de l´économie sont très satisfaits du rejet de l´initiative des 18 pour cent. Son acceptation aurait eu des effets «déplorables» sur la Suisse. De leur côté, les syndicats appellent les autorités à renforcer l´intégration des étrangers.

Ce contenu a été publié le 24 septembre 2000 - 18:25

«Si elle avait passé, sa mise en oeuvre aurait posé des problèmes insurmontables», souligne Michel Barde, satisfait de ce résultat. Mais pour le secrétaire général de la Fédération des Syndicats Patronaux, ce vote indique néanmoins qu'une partie de la population a manifesté son inquiétude. «Il y a une proportion importante d'acceptants de cette initiative. Et le mérite de la démocratie directe est d'en tenir compte».

Comment? Il revient, selon Michel Barde, aux autorités de mieux distinguer la politique d'immigration de la main-d'œuvre étrangère et la politique d'asile. Une position partagée par economiesuisse (ex-Vorort): pour la porte-parole Nathalie Banna, le non à l'initiative ne signifie pourtant pas le feu vert à une politique des étrangers sans contrôle. Il s'agira désormais de se pencher sur les problèmes créés par l'immigration et de davantage se soucier de la question de l'intégration.

Pour le directeur de l'Union patronale suisse (UPS) Peter Hasler, la raison a prévalu sur les sentiments. Pour lui, le peuple suisse n'a pas voulu apparaître comme xénophobe. Les facteurs rationnels ont aussi joué un rôle: le peuple suisse a compris que le pays a besoin de la main-d'oeuvre étrangère.

Même satisfaction du côté de l'Union suisse des arts et métiers (USAM). Grâce au rejet de l'initiative, les nouvelles orientations de la politique suisse des étrangers pourront être appliquées systématiquement et sans être sous pression de quotas contraignants, a souligné l'USAM.

De son côté, l'Union syndicale suisse (USS) s'est déclarée «soulagée par le non que les citoyens ont opposé à l'initiative xénophobe des 18 pour cent.» Selon l'organisation faîtière des syndicats, «une fois de plus, le peuple suisse a refusé de suivre les milieux qui choisissent de faire de la politique à coups de mots d'ordre xénophobes. Et qu'un parti gouvernemental (UDC) figure dans leurs rangs est regrettable».

Du fait du rejet de cette initiative, les autorités se trouvent appelées à renforcer, à tous les niveaux, leurs efforts en matière d'intégration des étrangers vivant en Suisse. Selon l'USS, ces efforts devront inclure l'égalité de traitement par le biais du regroupement familial, une amélioration de la situation juridique des travailleurs immigrés et un nouveau projet dont le but devra être de supprimer les discriminations en matière de naturalisation.

Jugurtha Aït-Ahmed

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