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Esquisses pour une histoire sans fin

Un paysage de Woodroffe dessiné pour le film «L’Histoire sans fin 2». swissinfo.ch

En marge du 2e Festival international du film fantastique de Neuchâtel est proposée une exposition consacrée à l'artiste britannique Patrick Woodroffe.

Ce contenu a été publié le 06 juillet 2002 - 18:49

Patrick Woodroffe, l'une des stars du «réalisme fantastique»... De Bosch et de Dali, il a retenu la méticulosité et la folie. De M.C. Escher, le goût des univers décalés. De l'illustrateur Roger Dean, qui fut son premier éditeur, la passion des paysages improbables, et néanmoins imaginables.

Avec ce dernier, il partage d'ailleurs un point commun. Plusieurs stars du rock ont fait appel à eux pour leurs pochettes d'albums. Si Roger Dean travailla notamment pour Yes et Uriah Heep, Patrick Woodroffe a œuvré pour Mike Oldfield, Mike Batt, les Strawbs, Greenslade, Judas Priest.

L'exposition neuchâteloise a été mise sur pied par Patrick Gyger, patron de «La Maison d'Ailleurs» à Yverdon-les-Bains, qui propose actuellement une très vaste exposition rétrospective de l'œuvre de Woodroffe, par ailleurs présenté de façon permanente au Château de Gruyères.

Les esquisses d'un film

Sans le péristyle de l'Hôtel de Ville de Neuchâtel, l'angle est plus serré: il s'agit du travail préparatoire que Patrick Woodroffe avait réalisé pour le film «L'Histoire sans fin 2». Esquisses, croquis, aquarelles, création visuelle autour de ce que pourraient être les personnages, les accessoires, les décors du film. Le même type de démarche que le Neuchâtelois d'adoption John Howe a effectué pour «Le Seigneur des Anneaux».

Un constat à l'arrivée: d'un univers réellement fou, ce n'est pas nécessairement les parties les plus saillantes, les plus originales que les producteurs retiennent. Ainsi ce dragon à réaction arborant des turbines en guise de pattes, qui se transformera en dragon ailé tout ce qui a de plus traditionnel à l'écran...

Voir sans regarder

Autodidacte, Patrick Woodroffe a commencé par peindre l'univers animalier de la ferme parentale. Avant de construire son propre univers. Et d'illustrer les récits des autres, et les siens également.

Comment cet univers s'est-il construit? «Depuis des années, j'ai un principe radical: je ne regarde rien. Ou plutôt, je regarde avant et après, mais quand je peins ou dessine, c'est d'après ma mémoire et mon imagination. Travailler d'après une prise de vue, à mon avis, c'est du gaspillage. Si on fait des fautes, ce n'est pas grave. Cela donne parfois plus d'intérêt à un dessin» constate l'artiste.

Parmi les grands 'trucs' que partagent Roger Dean et Patrick Woodroffe, mais également d'autres artistes fantastiques, le refus de la loi de la gravitation. «Des paysages où rien ne reste à terre», comme il le constate. Et cela qu'il s'agisse de montagnes, de cascades ou de vaches, comme en témoigne la peinture qu'arbore l'affiche de l'exposition yverdonnoise.

Pourquoi ce besoin de faire s'envoler les objets les plus divers? «C'est un rêve humain. Comment vivre sans vouloir voler? Moi, j'ai rêvé de ça pendant des années et des années», répond Woodroffe.

Le peintre fantastique, magicien ou divinité païnne?

Patrick Woodroffe vit et travaille principalement en Cornouailles. Pays celtique par excellence, où traîne encore le parfum de Merlin l'enchanteur... Lui aussi, un grand 'transformeur' de réalité.

Pour métamorphoser le réel, Woodroffe a opté pour la liberté totale: «Chaque fois que je fais un tableau, je ne pense jamais à ce qu'il va dire. Je dessine, je change, je modifie, et c'est seulement quand j'ai fini le tableau que je l'interprète. C'est bizarre ça... C'est très différent d'un écrivain, qui sait ce qu'il veut dire».

Et d'ajouter: «L'avantage d'un peintre fantastique, c'est de pouvoir dire plusieurs choses dans un même tableau. Et d'inventer le monde qu'il veut. On est le créateur. On est Dieu. Je me suis d'ailleurs représenté comme ça dans un tableau», se souvient-il en riant.

swissinfo/Bernard Léchot

Expositions Patrick Woodroffe: «Au commencement de l'histoire sans fin 2» à voir à Neuchâtel, péristyle de l'Hôtel de Ville jusqu'au 7 juillet. «Chemins de traverse», à la Maison d'Ailleurs à Yverdon-les-Bains jusqu'au 8 décembre. «La Tour du prisonnier», permanente, au Château de Gruyères.

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