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En attendant le prochain cas de grippe aviaire

Des experts genevois montrant une image d'un harle bièvre identique à celui qui est mort de la grippe aviaire. Keystone

Après la découverte d'un canard infecté à Genève, aucun nouveau cas de grippe aviaire n'a été décelé en Suisse. Mais, selon les experts, ça ne va pas durer.

Ce contenu a été publié le 27 février 2006 - 17:42

En attendant, en collaboration avec les pays voisins et l'Organisation mondiale de la santé, les autorités fédérales et cantonales mettent tout en œuvre pour prévenir une épizootie en Suisse.

«Il est tout à fait probable que nous trouvions encore des oiseaux atteints de la grippe aviaire dans les jours à venir en Suisse», confirme à swissinfo Marcel Falk.

Les propos du porte-parole de l'Office vétérinaire fédéral (OVF) ne font que renforcer l'inquiétude qui grandit en Suisse après la découverte d'un canard sauvage atteint de la grippe aviaire dans la rade de Genève.

Les experts sont quasi certains que le volatile mort était porteur de la souche H5N1, la variante hautement pathogène du virus. Le verdict du laboratoire de référence européen de Weybridge (Grande-Bretagne) devrait tomber dans les jours à venir.

Onze nouvelles analyses... négatives

Cela dit, tout porte à croire que le harle bièvre découvert à Genève était effectivement contaminé par la variante H5N1 du virus de la grippe aviaire.

«Nous sommes sûrs à 99,8% qu'il s'agit de la souche H5N1», a déclaré lundi sur les ondes de la radio alémanique Richard Hoop, directeur du laboratoire de référence national de l'Université de Zurich.

De son côté, l'OVF a annoncé, également lundi, que onze nouvelles analyses avaient été réalisées. Et que toutes étaient négatives.

Bref, sur les 118 oiseaux morts examinés depuis octobre dernier, seul le harle bièvre trouvé mercredi dernier à Genève était positif.

Coopération entre cantons et Confédération

En attendant de nouveaux cas quasi certains, les autorités compétentes ne restent pas les bras croisés.

En Suisse, la mise en œuvre des mesures pour prévenir la propagation de la grippe aviaire est du ressort des cantons. Ces derniers ont constitué des états-majors de crise ad hoc et coopèrent étroitement entre eux, en lien avec la Confédération, les pays voisins et l'Union européenne (UE).

Tous les trois à quatre jours, les experts évaluent la situation au cours d'une conférence téléphonique commune et décident ensemble d'éventuelles nouvelles mesures à prendre.

Ainsi, après la découverte du cas de Genève, la Suisse a immédiatement informé l'Union européenne en lui précisant les mesures de sécurité qu'elle avait décidé d'adopter.

La même philosophie que l'Union européenne

«Nous sommes très satisfaits», indique Philip Todd, porte-parole de la Commission européenne.

C'est la raison pour laquelle l'UE ne stoppera pas - du moins pour l'instant - les importations de volailles et de produits de volailles helvétiques, contrairement à ce qu'elle a fait avec d'autres pays tiers touchés.

«La coordination avec l'UE ne sous pose aucun problème, souligne le porte-parole de l'Office vétérinaire fédéral, car nous avons la même approche du dossier.»

Et Marcel Falkde poursuivre: «Nous sommes prêts à faire face à une épizootie de grippe aviaire. Nous profitons des contacts que nous avons régulièrement aussi bien avec les cantons suisses qu'avec l'UE et les pays voisins de la Suisse».

La Suisse se prépare au pire

«Pour l'instant, précise pour sa part le porte-parole de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), nous ne sommes pas confrontés à une pandémie. Mais nous nous préparons aussi à cette éventualité.»

Daniel Koch est catégorique. Pour lui, à l'heure actuelle, personne ne sait encore qui pourrait être touché en cas de transmission de la grippe aviaire d'homme à homme. C'est un cas de figure qui reste encore et toujours une pure hypothèse.

L'OFSP se refuse à faire des raccourcis hâtifs. Ainsi, insiste Daniel Koch, «il serait erroné de se baser sur l'évolution de la situation chez les volatiles, pour en tirer des conclusions que nous appliquerions dans le cas d'une éventuelle pandémie».

Toujours est-il que la Confédération se prépare au pire. En collaboration avec d'autres pays européens et en coordination avec l'Organisation mondiale de la santé(OMS), elle prépare un programme d'action.

Reste un espoir. En effet, le risque d'extension de la grippe aviaire sur sol helvétique va probablement diminuer provisoirement dans les prochaines semaines.

Les oiseaux d'eau qui ont hiverné en Suisse retournent déjà, peu à peu, vers le nord.

swissinfo et les agences

Faits

Pour l'heure, un seul cas de grippe aviaire – le harle bièvre trouvé à Genève – a été constaté en Suisse.
Il faut encore attendre les analyses du laboratoire de référence européen de Weybridge pour savoir si la souche est bien celle du H5N1.
Sur les onze nouvelles analyses effectuées lundi sur des oiseaux morts, aucune ne s'est révélée positive.
En tout, 118 oiseaux morts ont été examinés depuis octobre 2005.

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En bref

- Lundi, les directeurs de l'Office vétérinaire fédéral (OVF) et l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) ont lancé un nouvel appel au calme sur les ondes de la radio.

- Pour eux, les mesures prises visent uniquement à éviter que le virus ne se répande dans les élevages de volailles. Ils estiment que les Suisses n'ont pas besoin de changer leurs habitudes alimentaires.

- Ces mêmes Suisses sont aussi inquiets pour leur chien ou leur chat. Lundi, ils ont submergé d'appels les lignes spéciales ouvertes par l'OVF et l'OFSP.

- La plupart voulaient savoir si leurs animaux de compagnie pouvaient encore aller se promener et s'ils risquaient d'être contaminés par des oiseaux sauvages.

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