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Elections fédérales 03: les socialistes en recul

Le 5e baromètre électoral. swissinfo.ch

Pour la 1ère fois, les socialistes sont en recul dans les sondages. Mais ils restent solides seconds, derrière la droite dure.

Ce contenu a été publié le 12 juillet 2003 - 10:11

Le 5e baromètre électoral de l’institut GfS montre aussi que l’âge de la retraite est devenu le principal souci des Suisses.

Si les élections du 19 octobre avaient eu lieu fin juin, l’Union démocratique du centre (droite dure) serait une nouvelle fois arrivée en tête.

Selon le 5e sondage «SRG SSR baromètre électoral 03» établi par «GfS - Institut de recherches, politique et Etat, Berne», elle aurait recueilli 26% des voix.

Le parti de Christoph Blocher avait déjà obtenu un tel score en janvier dernier. Il avait cependant légèrement fléchi dans les deux sondages suivants, jusqu’à atteindre 24,6% des intentions de vote en mars. Ce dernier sondage montre donc que la droite dure a à nouveau le vent en poupe.

Lors du premier sondage, en octobre dernier, les socialistes avaient obtenu 23,3% des intentions de vote. Ils avaient ensuite progressé pour atteindre 24,2% lors des deux derniers.

Avec ce nouveau résultat de 23,4%, c’est la première fois que le grand parti de gauche enregistre une légère baisse.

Le centre et la droite stables

Les deux autres partis gouvernementaux campent quant à eux sur leurs positions. Le Parti radical démocratique (droite) et le Parti démocrate-chrétien (centre-droit) obtiennent respectivement 19% (- 0,2%) et 14,3% (inchangé) des intentions de vote.

Stabilité également du côté du Parti écologiste, la plus grande formation non-gouvernementale. Les écologistes restent à 5%, comme lors du dernier sondage.

Parmi les plus petits partis, les évangéliques et les libéraux atteignent une nouvelle fois la barre des 2%. Tous les autres (communistes, chrétiens-sociaux, démocrates suisses, etc.) sont en dessous.

En ce qui concerne la participation, les Suisses restent mobilisés. Ils sont 52% à déclarer vouloir participer aux élections fédérales, un chiffre qui n’a pas varié depuis le dernier sondage.

Pour mémoire, lors des votations fédérales de 1999, le taux de participation avait atteint 40,5%.

Les remèdes contestés du Dr. Couchepin

Les cinq thèmes qui préoccupent le plus les Suisses restent les mêmes qu’en avril dernier: les finances publiques, la politique d’asile, les coûts de la santé, la crise économique et la prévoyance vieillesse.

Ce qui a changé, en revanche, c’est que le la prévoyance vieillesse devient le principal soucis dans toutes les régions linguistiques du pays. Lors du dernier sondage, c’était la crise économique et ses effets sur l’emploi qui arrivait en tête du classement.

Ce changement s’explique aisément. Les déclarations du ministre de l’Intérieur Pascal Couchepin (PRD) sur une élévation de l’âge de la retraite à 67 ans inquiètent les citoyens.

Le sondage montre que les Suisses ne sont pas du tout d’accord avec cette hausse: 79% des sondés – tous partis confondus – y sont hostiles. Seuls 14% soutiennent cette mesure.

Si le financement de l’assurance devait ne plus être suffisant, les citoyens opteraient pour d’autres solutions pour sauver l’AVS. La solution la plus souvent citée (60%) est une augmentation de la TVA.

Citée par 56% des personnes interrogées, une plus grande ponction sur les salaires est également une solution fréquemment retenue.

En revanche, l’augmentation de l’âge de retraite n’est évoquée que par 26% des sondés. Mais une telle hausse serait encore préférable à une diminution des rentes, une solution qui n’est envisagée que par 15% des sondés.

Les effets du 18 mai

Ce débat autour de l’âge de la retraite devrait avant tout profiter aux socialistes. Ils sont en effet considérés comme le parti le mieux à même de s’opposer aux vues de Pascal Couchepin.

Que le débat social profite aux socialistes n’est d’ailleurs pas une nouveauté. L’institut GfS remarque que, l’an dernier, la décision du gouvernement d’abaisser le taux de rendement des fonds de la prévoyance professionnelle avait eu le même effet.

On peut dès lors se demander pourquoi les socialistes sont en légère baisse dans ce dernier sondage. Pour le directeur de l’institut GfS Claude Longchamp, les raisons sont à rechercher du côté des votations fédérales du 18 mai.

Les sept initiatives soutenues par les socialistes avaient en effet été refusées par le peuple. Entre autres, leur demande de fixer les primes de l’assurance maladie en fonction des revenus et de la fortune des assurés avait été littéralement balayée par trois quarts des citoyens.

Au soir du 18 mai, le PS a donc fait figure de grand perdant de cette journée électorale. «Les sympathisants socialistes, surtout parmi les plus jeunes, ont été déçus par ces résultats, explique Claude Longchamp. Aujourd’hui, ils sont donc moins motivés à participer à un scrutin.»

Mais il convient de ne pas tirer de conclusions hâtives de ce léger passage à vide. «Par rapport à 1999, le Parti socialiste reste un parti qui gagne», souligne Claude Longchamp.

swissinfo, Olivier Pauchard

En bref

Ce 5e sondage de l’institut GfS a été réalisé du 16 au 28 juin.

Au total, 2005 personnes ont été interrogées par téléphone dans toutes les régions linguistiques du pays.

La marge d’erreur est de plus ou moins 1,8%.

Le sondage de GfS a été réalisé pour SRG SSR idée suisse et pour les journaux Tages Anzeiger, Berner Zeitung et Le Temps.

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Faits

Les cinq principaux soucis des Suisses:

La prévoyance vieillesse et l’âge de la retraite (pour 39% des sondés).
La crise économique et le chômage (28%).
Les coûts de la santé (24%).
La politique d’asile (20%).
Les impôts et les finances publiques (12%).

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