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Le Valais met des montres dans son économie

Des gestes qui ont désormais cours sur les bords du Rhône aussi. Keystone

Un pôle horloger est en train d'éclore dans le canton alpin, jusqu'ici plus connu pour ses vins et son tourisme que pour ses mains d'or.

Ce contenu a été publié le 21 février 2007 - 11:15

Les autorités cantonales soutiennent cette horlogerie valaisanne qui, de la sous-traitance du départ, élargit peu à peu son champ d'activité.

«Né en Valais, je m'étais promis que si un jour je créais une entreprise, c'était ici et pas ailleurs», lance Laurent Fries, horloger du très haut de gamme qui a fait ses armes dans l'Arc jurassien avant de se lancer chez lui, l'an dernier.

Ce Valaisan indique n'avoir sur place aucune concurrence dans son créneau. Un créneau qu'il fait découvrir à sa région. «Avec les moyens de communication actuels, il est facile de travailler en temps réel avec l'Arc jurassien», assure-t-il.

Le jeune horloger installé à Sion observe lui aussi que son canton se profile progressivement dans la montre, secteur clé de l'économie suisse. «L'horlogerie peut permettre de diversifier les professions en Valais, surtout connu pour son tourisme, la construction ou la viticulture.»

Actuellement, une bonne douzaine de sociétés vivent pour et par les garde-temps. Ensemble, elles emploient un demi-millier de collaborateurs au bas mot.

Le champ d'action de ces firmes va de la commercialisation sur le web de montres personnalisées (121Time) à la conception de mouvements à quartz (ISA) et mécaniques (Indtec), en passant par la sous-traitance. Même Swatch Group est présent, avec plusieurs centaines d'emplois.

Une histoire de coûts

Le phénomène n'est pas totalement nouveau. En 1957 déjà, ETA (Swatch Group) est arrivé dans le village d'Isérables pour profiter du faible coût de la main d'œuvre locale.

Dorénavant, les naissances de sociétés horlogères sont davantage liées à des individus qui, comme Laurent Fries, se sentent des attaches dans la région.

«Les activités de sous-traitance existent en Valais depuis un certain temps et donnent naissance à des entreprises, confirme le chef de la division économique de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH).

«Mais ce sont surtout des sociétés liées à l'amont de la filière de production. Autrement dit, à la production de mouvements ou de composants, plutôt que des marques de prestige ou de luxe», précise Maurice Altermatt.

Face à l'ogre jurassien

Si des différences de salaire demeurent entre le Valais et Genève ou Bienne, d'autres arguments plaident aussi pour les bords du Rhône. En particulier, le savoir-faire développé au cours des ans autour des pièces détachées de la montre.

Par contre, «sertisseurs, graveurs et autres métiers de pointe liés à la haute horlogerie sont bien moins représentés, note Maurice Altermatt. L'acquis et le savoir-faire sont surtout pérennisés dans l'Arc jurassien.»

Faut-il voir le Valais comme un futur paradis horloger? Rien ne s'oppose en tout cas à l'implantation de l'une ou l'autre grande maison, estime Maurice Altermatt. Tout dépendra de l'offre – savoir-faire, main d'œuvre disponible, conditions d'implantations favorables.

Bien sûr, l'Arc jurassien fait figure d'ogre. La densité de son tissu industriel horloger, ses compétences pointues et la concentration des fournisseurs et clients semblent garantir à cette région un avenir horloger en rose.

Mais rien n'est immuable, admet Maurice Altermatt: «Présente dans l'Arc jurassien depuis 400 ans, tout porte à croire que l'horlogerie y restera. Mais la globalisation se vérifie sur le plan intérieur aussi. Il est fort possible que certaines compétences se déplacent.»

Pouvoirs publics volontaires

En Valais en tout cas, on y croit. Et les aides aux entreprises apportées par la promotion économique cantonale - crédit, mise à disposition de terrains, aide aux start-up - se portent aussi vers l'horlogerie.

Délégué aux questions économiques, Pierre-Marie Rappaz confirme l'émergence d'un véritable 'cluster' horloger valaisan qui fait écho à la volonté affichée des autorités de pousser les Valaisans qualifiés à revenir au pays.

Cette notion de 'cluster' renvoie à une concentration d'entreprises interconnectées, de fournisseurs spécialisés, de prestataires de services et d'institutions associées.

Si la Haute école spécialisée (HES) est présente sur le terrain des nouveaux matériaux et de la mécanique, aucun centre de formation et de recherche valaisan n'est véritablement orienté horlogerie.

Mais Pierre-Marie Rappaz n'en fait pas une affaire. «Les pouvoirs publics valaisans ont la volonté d'encourager ce cluster horloger dans toute la mesure du possible. Il est important pour nous, d'autant qu'il s'élargit maintenant en termes de compétences».

swissinfo, Pierre-François Besson

En bref

Historiquement, l'horlogerie suisse était cantonnée dans les zones francophones et protestantes du pays.

Son implantation actuelle est plus large. Mais elle se limite essentiellement à l'Arc jurassien, où plus de neuf emplois horlogers sur dix sont situés.

Ce fameux «Arc horloger» est constitué de sept cantons – Neuchâtel (plus de 11'000 employés, chiffres 2005), Berne (8600), Genève, Soleure, Jura, Vaud et Bâle.

En dehors de cette zone, une activité horlogère est présente dans les cantons du Tessin (1200 employés), du Valais (550), de Schaffhouse et de Fribourg.

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Valais économique

Longtemps axée sur l'agriculture, l'économie valaisanne (Sud-ouest du pays, frontières avec la France et l'Italie) repose surtout sur le tourisme (7 emplois sur dix, deuxième canton suisse en terme de nuitées).

Le canton dispose d'une industrie active surtout dans la métallurgie et la chimie et d'un secteur des services profilé télécommunications et informatique.

Le Valais, qui produit un tiers de l'énergie hydroélectrique suisse, souhaite dynamiser son économie à l'aide des technologies du vivant, de l'information et de la communication, et des services liés au tourisme et l'agriculture.

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