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La grève continue à l’aéroport de Genève

Les grévistes se disent prêts pour un mouvement de longue durée. Keystone

Le personnel au sol de l’aéroport international de Genève s’est prononcé vendredi pour une poursuite de son mouvement de grève. Les employés demandent de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.

Ce contenu a été publié le 08 janvier 2010 - 18:31

La grève du personnel de Swissport, principalement suivie par les collaborateurs du secteur des bagages, n’a pour le moment provoqué que quelques retards et des temps d’attente plus longs à la réception des bagages. Mais le mouvement ne semble pas prêt de s’arrêter.

Un mouvement qui d’ailleurs ne s’est pas limité à l’aéroport. En effet, une centaine de manifestants ont défilé vendredi en ville et devant le siège du Service cantonal de l’emploi.

Echec des négociations

Les négociations n’ont dont pour l’heure pas abouti, malgré treize heures de discussions menées entre les grévistes, les représentants des syndicats, les responsables de Swissport et le ministre genevois de l’emploi François Longchamp, également président de la société de l’aéroport de Genève.

«La proposition faite pour l’employeur est très loin des attentes des gréviste, déclare Yves Mugny, secrétaire du Syndicat des services publics. Les salariés sont très motivés, en colère et prêts à continuer longtemps.»

Le syndicaliste ajoute que cette action de grève s’étend progressivement et qu’elle commence à obtenir un soutien au-delà du personnel au sol.

Jeudi en fin de soirée, les grévistes ont rejeté les propositions de Swissport. L’employeur proposait une augmentation de 100 francs par mois ainsi qu’une valorisation des heures supplémentaires. Les employés quant à eux, réclament 250 francs.

Le personnel au sol de Swissport a débuté sa grève le 2 janvier. Il demande une amélioration du contrat collectif de travail, une hausse de salaire et une meilleure organisation du travail.

«Les employés commencent avec des salaires très modestes, environ 3500 francs par mois, et n’ont pas eu d’augmentation significatives depuis plusieurs années, déclare Yves Mugny. Le pire, c’est que leur salaire est actuellement plus bas qu’avant la fin de Swissair, en 2002.»

Faire face à la réalité

Le son de cloche est tout autre du côté des employeurs. Pour Swissport, les demandes des grévistes et de leur syndicat sont irréalistes dans le climat économique actuel.

L’année 2009 a en effet été calamiteuse en terme de passagers et de fret. Et 2010 ne devrait pas être meilleure. L’Association internationale du transport aérien a revu ses estimations à la baisse pour 2010 et s’attend à une perte cumulée de 5 milliards de dollars dans le l’ensemble du secteur.

«Nos clients sont en difficulté et le business aérien est très fragile, a déclaré le directeur général de l’aéroport Michel Glorieux aux journalistes. Nous devons faire face à la réalité.»

Impact limité

Cette grève d’une semaine intervient durant l’une des périodes les plus chargées de l’année, alors que des milliers et des milliers de skieurs transitent par Genève. Le mouvement, qui a touché deux sociétés, Dnata (qui a cessé la grève le 3 janvier) et Swissport, semble avoir pris les responsables et les compagnies aériennes par surprise.

Mais Swissport minimise l’impact de la grève sur les activités de l’aéroport. «Nous avons déjà pris toutes les mesures nécessaires pour assurer qu’il n’y ait pas de problèmes dans les opérations à l’aéroport, même si le mouvement se poursuit», a réaffirmé l’entreprise vendredi. Swissport indique que du personnel supplémentaire a été transféré depuis les aéroports de Zurich et de Bâle.

Les retards de vols constatés au cours de la semaine écoulée ont été fortement réduits et la situation continue de s’améliorer, indiquent les responsables. «Nous sommes optimistes quant au fait que les opération ne seront pas trop affectées», déclare le porte-parole de l’aéroport Bertrand Staempfli.

Simon Bradley, Genève, swissinfo.ch
(Traduction de l’anglais: Olivier Pauchard)

L’aéroport de Genève

En octobre 2009, Genève a inauguré son nouveau terminal, première étape d’une extension devisée à 250 millions de francs suisses.

Le nouveau bâtiment, dont le chantier a duré trois ans, a permis d’augmenter de 40% la surface de l’aéroport.

Cette année, une nouvelle aile de 850 mètres de long sera ouverte aux passagers long-courrier.

En 2008, plus de 11,5 millions de passagers ont utilisé l’aéroport, qui est ainsi le deuxième de Suisse. Le premier reste Zurich, avec 22 millions de passagers en 2008.

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