Navigation

Credit Suisse déçoit, UBS casse la baraque

Les employés de Credit Suisse ont certes beaucoup gagné, mais aussi fait diminuer les bénéfices du groupe. Keystone

Avec un bénéfice de 1,103 milliard de francs au 4e trimestre, Credit Suisse se fait brûler la vedette par son rival UBS, qui brille de mille feux...

Ce contenu a été publié le 15 février 2006 - 18:07

Coûts en hausse, problèmes dans la banque d'investissement, de quoi faire perdre plus de 7% au titre du numéro 2 bancaire suisse.

Ces mauvaises nouvelles au 4e trimestre suivent celles de lundi. Credit Suisse avait alors annoncé une charge extraordinaire de 421 millions de francs pour des bonifications salariales en actions.

«La raison de cette déception, ce sont clairement les dépenses plus élevées que ce qui était attendu», explique Javier Lodeiro, analyste à la Banque Sarasin.

Un petit accroc

Les spécialistes refusent toutefois d'attacher trop d'importance à ces chiffres au 4e trimestre. Il ne s'agirait que d'un petit accroc sur une excellente partition annuelle...

Aux yeux d'Andy Penman, analyste chez Barclays Stockbrockers à Londres, chacune des deux grandes banques suisses a signé une bonne performance en 2005.

Première institution financière du pays, UBS a tiré de son activité un bénéfice net de 9,844 milliards de francs, contre 5,85 pour Credit Suisse.

«Toutes deux ont fait très, très bien... La différence est minime entre Credit Suisse et UBS dans la gestion de fortune (private banking)», estime l'analyste.

Corriger une petite faiblesse

«On peut identifier une légère faiblesse en terme de marges du côté de Credit Suisse au 4e trimestre. Mais la croissance des actifs sous gestion et des afflux de capitaux dans la gestion de fortune est assez comparable.»

Andy Penman estime que jusqu'à ce fameux 4e trimestre, Credit Suisse a en fait repris du terrain sur son rival en 2005. Il devrait continuer à le faire si cette petite faiblesse parvient à être corrigée.

Credit Suisse vient de repenser sa marque et son logo. Lancée en janvier, cette nouvelle identité reflète la nouvelle structuration du groupe devenu banque globale totalement intégrée. Une approche adoptée en 2003 déjà par UBS.

Mûre pour une entrée en bourse

«Cette évolution de Credit Suisse est logique, estime l'analyste. La stratégie de marque unique permet de développer des solutions personnalisées et de porter l'accent sur des services et produits de qualité plus élevée.»

Cela dit, cette approche intégrée confirme aussi que Credit Suisse souhaite vendre ou faire entrer en bourse la Winterhur – phagocytée en 1997.

Désormais rentable, ce secteur assurance a tout de même exigé de Credit Suisse une recapitalisation de 3,7 milliards de francs en 2002.

Mais au yeux de la banque, la Winterthur est aujourd'hui mûre pour une entrée en bourse (IPO) au second trimestre 2006. Les marchés en détermineront le calendrier.

«Il n'y aucune urgence, estime l'analyste londonien. Les investisseurs attendent depuis un bout de temps maintenant cette décision. Ce que nous voulons, c'est un Credit Suisse mieux profilé dans ses activités. La stratégie de banque intégrée sous une marque unique y contribuera.»

Un souci prioritaire

Andy Penman estime toutefois que le plus vite sera le mieux. Un tel désinvestissement a en effet tout pour donner un coup de fouet au titre Credit Suisse.

Autant les marchés de la gestion de fortune privée (private banking) que celle des institutionnels (Asset management) sont promis à de belle croissance. Et les deux géants suisses voudront bien sûr leur part du gâteau, précise l'analyste.

«Je ne suis pas totalement convaincu que le CS soit aussi solide qu'UBS en terme de produits. Mais le potentiel est là.»

Le même analyste se dit certain que le potentiel de croissance du titre CS est plus fort que celui d'UBS. Mais sa banque conservera toutefois ses positions en actions UBS.

«Les deux banques suisses sont très bien positionnées dans le domaine de l'asset management, qui continuera à être un souci prioritaire.»

swissinfo, Robert Brookes
(Traduction de l'anglais: Pierre-François Besson)

Faits

UBS:
Bénéfice net: 9,844 milliards de francs (+28%)
Bénéfice net incluant la vente de quatre unités: 14,029 milliards (+75%)
Dividende proposé: 3,80 francs

Credit Suisse:
Bénéfice net: 5,85 milliards (+4%)
Dividende proposé: 2 francs

End of insertion

En bref

UBS et le Credit Suisse (CS), les deux principales banques de Suisse, sont nées d'une série de fusions et acquisitions.

Ces dernières années, les performances de l'UBS se sont améliorées par rapport à celles du CS, qui a dû faire face à des divergences d'opinion parmi ses dirigeants et à des problèmes avec ses unités First Boston et Winterthur (secteur des assurances).

Les banques ont toutes deux adopté une marque unique pour leurs principaux secteurs d'activité (UBS en 2003 et CS en janvier 2006).

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?