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La beauté, une question d'attitude et... d'argent!

Dennis Stock/Magnum Photos

En Suisse, 64 tonnes de produits cosmétiques et pour les cheveux sont consommés chaque jour. Les habitants dépenseraient 400 millions de francs par année, au total, pour des cosmétiques faciaux uniquement.

Ce contenu a été publié le 06 janvier 2013 - 11:00
Susan Vogel-Misicka, swissinfo.ch

Deux musées de Berne ont décidé d’approfondir la question de la beauté avec une exposition intitulée Bin ich schön? / J’suis beau? «A l’origine, l’exposition devait s’appeler «Qu’est ce qui est beau?», mais nous avons changé parce que nous voulions aborder les visiteurs avec une question directe», explique Kurt Stadelmann, curateur du Musée de la communication, qui a monté le parcours en collaboration avec le Musée d’histoire naturelle, situé juste à côté.

«J’suis beau?»

L’exposition «Bin ich schön? / J’suis beau?» est organisée en commun par le Musée de la communication et le Musée d’histoire naturelle de Berne.

Elle est à voir jusqu’au 7 juillet 2013.

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«Nous provoquons un peu les visiteurs en leur demandant de se demander s’ils sont beaux… poursuit le curateur. Nous espérons qu’ils trouvent des réponses dans l’exposition.» Mais on cherchera en vain des miroirs. Le curateur espère que les spectateurs trouveront leur beauté intérieure en regardant des animaux, des poupées, des couvertures de magazine et d’autres références culturelles. Même la Vierge Marie en est une, tout comme la propagande nazie pour les corps d’athlète.

De plus en plus de spécialistes

Le nombre de chirurgiens esthétiques ne cesse d’augmenter en Suisse:

1980: 24

1990: 44

2000: 110

2010: 135

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Nip/tuck

L’exposition capture assurément l’esprit du temps. Le nombre de chirurgiens esthétiques actifs en Suisse, que ce soit dans la reconstruction ou l’esthétique pure, ne cesse de croître. Ils étaient 24 en 1980, 44 dix ans plus tard et plus de 130 aujourd’hui.

Pourquoi les gens veulent-ils changer leur apparence? «Ce n’est pas forcément l’objectif, répond le chirurgien plastique Daniel Knutti. Beaucoup veulent améliorer quelque chose, avoir l’air plus beaux ou souligner certains éléments qu’ils apprécient. Fondamentalement, le but est de se sentir mieux», répond le chirurgien, qui a ouvert son cabinet à Bienne en 1988.

Depuis une dizaine d’années, les augmentations de poitrine sont ainsi de plus en plus pratiquées.  «Les liftings du visage sont aussi très demandés, mais cela concerne une autre tranche d’âge, ajoute-t-il. Les femmes veulent voir certaines rides disparaître ou éliminer des parties flasques.»

Les hommes aussi

Les hommes comptent pour 10 à 15% de la clientèle, ajoute Daniel Knutti, mais la tendance est à la hausse, surtout pour des opérations autour des yeux, qui «rendent le regard plus jeune, plus dynamique, sans changer trop l’apparence». «De façon générale, je pense que les femmes sont plus tolérantes que les hommes en ce qui concerne l’apparence, note le spécialiste. Un homme peut avoir des cheveux gris et des rides et être physiquement attirant pour une jeune femme.» Les implants du cuir chevelu comptent aussi parmi les interventions très demandées par les hommes.

En tant que membre de plusieurs associations nationales et internationales, le chirurgien est en mesure d’établir des différences entre les attitudes face à la chirurgie esthétique. «Les Asiatiques demandent des traits plus caucasiens, comme la ligne du nez, les paupières ou la poitrine. Les Caucasiens apprécient les yeux légèrement bridés et les Arabes n’aiment pas leur nez…»

Selon Daniel Knutti, il n’est pas rare que les patients lui disent, après l’opération, que leur vie a changé grâce à la chirurgie esthétique. «Même si le changement physique est mineur, cela peut avoir un grand impact sur la vie du patient, qui se sent plus sûr de lui, plus heureux et plus confiant. Cela a certainement un effet substantiel sur le succès et le bien-être.»

interventions les plus courantes

Les opérations esthétiques les plus pratiquées dans le monde en 2010, selon la Société internationale de chirurgie esthétique et plastique :

1. Lipoplastie/liposuccion: 2'174’803

2. Augmentation mammaire: 1'506’475

3. Blépharoplastie (paupières): 1’085’153

4. Rhinoplastie (nez): 985’325

5. Abdominoplastie: 681’344

6. Réduction mammaire (femmes): 549’994

7. Lifting de la poitrine: 543’848

8. Lifting facial: 421’029

9. Otoplastie (oreille): 242’271

10. Réduction mammaire (hommes): 235’947

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Perspectives professionnelles

En Suisse, il est normal de joindre un portrait à son CV lorsqu’on envoie un dossier de candidature à un emploi. Une bonne apparence peut donc se révéler importante sur le plan professionnel. «Nous aimons nous faire une première impression des candidats», explique José San José, chef du marketing d’Adecco Suisse. Mais les qualifications professionnelles sont évidemment cruciales.»

Le «look» sera en outre plus important dans certains secteurs, comme les services, que dans d’autres, comme la production, ajoute le responsable. Mais c’est la personnalité, ou le charisme, surtout dans la vente, qui compte: Adecco donne aussi des conseils aux candidats à un poste sur la manière de se présenter lors des interviews.

«De toute façon, la beauté est quelque chose de très subjectif, poursuit José San José. Des personnes ordinaires peuvent avoir l’air de top models si elles sont bien habillées ou si elles travaillent leur portrait digital avec un bon programme de retouches… C’est aussi ce que montre une vidéo de l’exposition du Musée de la communication.

«Je suis heureux si les visiteurs quittent le musée en se disant qu’ils sont séduisants, note Kurt Stadelmann Car on peut être séduisant jusqu’à 100 ans – être beau jusqu’à cet âge, c’est une autre histoire!»

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