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Alcan supprime 180 emplois en Valais

Malgré la fermeture de Steg, Alcan emploiera toujours quelque 900 personnes en Valais. Keystone

L'usine d'aluminium du groupe canadien Alcan à Steg, en Valais (anciennement Alusuisse, puis Algroup), va fermer définitivement ses portes.

Ce contenu a été publié le 12 janvier 2006 - 15:44

En Juin 2005, Alcan avait déjà supprimé 110 postes dans son usine de Sierre. La fermeture de Steg concerne 140 personnes employées à la production et 40 autres dans les activités de soutien.

Ce jeudi, Alcan a annoncé la fermeture définitive de son usine d'électrolyse de Steg. Raison invoquée: la production d'aluminium primaire sur le site haut-valaisan n'est pas suffisamment rentable.

«Dans les conditions actuelles du marché de l'énergie et en dépit de l'appui offert par les autorités valaisannes, continuer à exploiter l'usine signifierait des pertes financières considérables», indique Wolfgang Stiller, président de l'unité d'affaires Europe du Nord pour Alcan.

L'usine d'électrolyse, d'une capacité de 44'000 tonnes par an, fermera ses portes progressivement d'ici la fin avril 2006. Cette fermeture affectera directement plus de 140 emplois dans la production. Une quarantaine de postes supplémentaires dans des fonctions de soutien sont également concernés.

Epilogue d'un long feuilleton

Le feuilleton Steg trouve ainsi son épilogue après des mois, des années d'incertitudes depuis l'intégration de l'ancien Algroup dans Alcan en 2000.

En décembre, le groupe canadien avait encore tenté de céder son usine à un consortium intéressé.

Mais le contrat d'approvisionnement en énergie du site de Steg est arrivé à échéance au 31 décembre 2005 et aucun accord n'a pu être trouvé. C'est donc le prix de l'électricité qui a finalement eu raison du projet. Les producteurs avaient fait une offre sur trois ans à un prix de 7,7 centimes le kilowattheure, proposition jugée insuffisante par le consortium.

Surprise et déception

Le Conseil d'Etat (gouvernement) du Canton du Valais se dit «surpris et déçu» par la décision d'Alcan. Il déplore que le groupe canadien n'ait pas attendu les conclusions du Surveillant des prix quant au coût de l'énergie.

Le gouvernement valaisan affirme que le canton offre aux entreprises industrielles des tarifs en dessous de la moyenne suisse et des conditions-cadre très favorables. Il admet toutefois que le prix de l'électricité a augmenté sensiblement ces dernières années.

Le Conseil d'Etat juge néanmoins que la décision d'Alcan «ne peut être admise à ce stade», d'autant que «les démarches conduites depuis des mois avec la direction du groupe, des repreneurs potentiels et les syndicats laissaient espérer une solution préservant les emplois».

Si la fermeture doit vraiment avoir lieu, le gouvernement entend passer comme convenu un contrat de collaboration avec le groupe. Ceci pour utiliser son réseau en vue d'implanter sur les terrains de Steg de nouvelles activités, si possible compatibles avec la filière aluminium.

Au passage, le Conseil d'Etat ne manque pas de souligner la volonté affichée par Alcan de collaborer avec les autorités et prend acte du fait que le groupe s'engage formellement à ce que cette fermeture n'ait pas de conséquences sur ses autres activités en Valais.

«Arrogance»

Le syndicat Unia, de son côté, qualifie la décision d'Alcan d'«attaque arrogante contre les intérêts économiques d'une région».

Pour Unia, l'annonce faite jeudi est «un affront non seulement à tous les travailleurs touchés, mais aussi au canton du Valais et à la place industrielle suisse». Le syndicat écrit qu'il «n'acceptera jamais cette politique de la terre brûlée.»

swissinfo et les agences

Faits

En octobre 2000, Alcan a absorbé Algroup (anciennement Alusuisse), un fleuron de l'histoire industrielle suisse.
Grâce à ce rachat, le groupe canadien est devenu numéro deux mondial de l'aluminium, derrière l'Américain Alcoa.
Alcan emploie près de 70'000 personnes dans 55 pays.

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En bref

- En juin 2005, Alcan a déjà supprimé 110 postes de travail dans son usine de Sierre.

- A l'avenir, Alcan emploiera encore environ 900 personnes en Valais.

- Les 180 employés de Steg bénéficieront de programmes de reclassement interne, de retraites anticipées ou d'aide active à la recherche d'emploi.

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