Navigation

Eclaircie passagère sur le front du chômage

Les mères de famille ont vu leur taux d'activité exploser en dix ans. Keystone

Le chômage baisse depuis trois mois en Suisse. Mais le Secrétariat d'Etat à l'économie (seco) attend une nouvelle dégradation dès juin.

Ce contenu a été publié le 06 juin 2003 - 14:17

Selon le dernier recensement exhaustif de la population, les actifs ont augmenté de 7,9% en dix ans.

Sur fond de récession, le chômage en Suisse a donc régressé pour le troisième mois consécutif en mai. En termes absolus, la baisse est modeste, avec 1015 chômeurs de moins (à 140 609 personnes au total).

Sur trois mois, la décrue du chômage demeure tout aussi minime avec un reflux cumulé de seulement 1414 personnes depuis mars, moment du premier recul depuis juin 2002.

Les perspectives pour les prochains mois ne sont guère encourageantes. Selon Jean-Luc Nordmann, directeur du marché du travail au seco, «la prévision du nombre moyen de chômeurs sur l'année a été relevée de 137 000 à 152 000».

Il faut donc s'attendre à un taux moyen annuel de chômage de 3,9%, contre 3,5% estimé précédemment. «La détérioration devrait se faire sentir dès juin avec l'arrivée sur le marché du travail des apprentis et étudiants en fin de formation», précise Jean-Luc Nordmann,

Pour le seco, plusieurs facteurs stimuleront le chômage jusqu'en janvier 2004, moment où un pic devrait être atteint. De toute manière, un retour à la croissance n'entraînera pas de véritable diminution du nombre moyen annuel de chômeurs avant 2005.

Impact du recensement

En mai, le taux de chômage est passé de 3,9% à 3,6%. Genève reste le canton le plus touché (taux stable à 6,4%) et Uri le plus épargné (bloqué sur 1%).

A l'échelle nationale, l'explication de ce fort reflux du taux de chômage est surtout technique. La statistique prend en effet pour la première fois en compte les nouveaux chiffres du recensement de 2000, offrant une image plus fidèle de la réalité.

Selon cette étude, la population active suisse est passée à 3 946 988 personnes en 2000, contre 3 621 716 en 1990. Autrement dit, le nombre de chômeurs est rapporté à une population plus nombreuse.

Pour l'Office fédéral de la statistique (OFS), la hausse du nombre de personnes actives en Suisse est surtout due aux mères de famille, dont le taux d'activité a nettement augmenté en dix ans.

Ledit taux est par exemple passé de 39,6% à 62,2% chez les mères entre 25 et 45 ans avec un enfant entre 0 et 6 ans.

Ce mouvement n'est pas nouveau. Depuis les années soixante-dix, le creux dans la courbe d'activité des femmes, dû à la prise en charge de leurs enfants à la maison, est de moins en moins prononcé. Et les taux d'activité féminins se rapprochent progressivement de ceux des hommes.

Chez les 15-64 ans d'ailleurs, la forte élévation du taux d'activité féminin (1990 : 61,2% ; 2000 : 70,2%) contredit la baisse marquée du taux d'activité masculin (1990 : 90,7% ; 2000 : 87,5%).

Progression des vieux

En clair, le parcours professionnel se raccourcit chez les hommes. En raison notamment d'une entrée plus tardive sur le marché du travail du fait de périodes de formation plus longues, et d'une forte hausse des retraites anticipées.

Cela étant, l'âge moyen de la population active a augmenté ces dix dernières années. Il est passé de 38 ans à 39 ans et demi en 2000.

Le rapport entre le nombre de personnes actives et la population retraitée reste lui quasiment inchangé. En effet, il est passé de 3,4 actifs pour une personne d'au moins 65 ans en 1990, contre 3,3 en 2000.

Mais l'OFS ne le cache pas: selon ses scénarios de l'évolution démographique, ce ratio devrait diminuer fortement d'ici quelques années, notamment lors du passage à la retraite des baby-boomers.

swissinfo et les agences

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?