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Des Suisses suivent des cigognes à la trace

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Pour la seconde année consécutive, des chercheurs suisses vont emprunter l'itinéraire des cigognes. Grâce à des balises-satellites, une trentaine d'échassiers seront suivis jusque dans leurs régions de migration hivernale. Une étude qui vise à récolter des informations sur le comportement des oiseaux, mais également à développer des stratégies pour la préservation de l'espèce.

Ce contenu a été publié le 02 août 2001 - 18:25

L'an dernier, 25 oiseaux avaient déjà entrepris leur voyage vers le sud, munis d'un sac à dos. Avec, à l'intérieur, un émetteur permettant de transmettre des informations par satellite ainsi qu'une batterie solaire assurant le bon fonctionnement de l'équipement.

En tout 50 grammes de matériel qui ont permis aux équipes de chercheurs de suivre avec une grande précision l'itinéraire des cigognes. Des scientifiques qui ne se sont d'ailleurs pas contentés de suivre la migration des échassiers sur leurs écrans d'ordinateur.

Les scientifiques migrent aussi

En effet, pour l'opération «SOS cigognes», ils ont eux-mêmes effectué le parcours en suivant les échassiers jusqu'à Gibraltar, leur dernier lieu de rassemblement avant la périlleuse traversée de l'Atlantique.

«C'est la toute première étude de ce genre», affirme Olivier Biber, membre de la société «Cigogne Suisse». Jusqu'à présent, les scientifiques s'étaient, en effet, contentés d'établir l'itinéraire des oiseaux et puis de recenser ceux qui revenaient dans leur région d'origine.

«L'opération «SOS cigognes», explique Olivier Biber, nous permet d'étudier les oiseaux sur le terrain. Elle nous permet d'observer leur comportement durant la migration.»

La première opération «SOS cigognes» a d'ailleurs déjà permis de corriger plusieurs idées reçues. Ainsi, à en croire les signaux émis par les balises témoins, les jeunes échassiers ne seraient pas attachés à leur territoire.

Bien au contraire, ils voyagent beaucoup. Et les spécialistes supposent qu'ils étudient les régions susceptibles de leur offrir l'écosystème le mieux adapté à leurs besoins.

Cette année, l'étude devrait permettre d'en savoir plus sur les habitudes des échassiers. En effet, les spécialistes traqueront les oiseaux jusque dans les régions sahéliennes.

Attention pylônes

«Ce suivi nous permettra d'enregistrer de nouvelles données sur ces oiseaux voyageurs, affirme Olivier Biber. Il y a encore de nombreuses zones d'ombre en la matière.» Notamment sur les dangers qui menacent l'espèce.

«Aujourd'hui, explique Olivier Biber nous sommes en mesure d'affirmer que les pylônes des lignes à haute tension les plus meurtriers se trouvent en Espagne, en Catalogne et en Andalousie. Grâce à ce renseignement, nous pouvons proposer des mesures concrètes pour mieux protéger l'espèce.»

La précédente opération a également démontré que les châteaux d'eau du sud de la France contribuaient largement à l'hécatombe des oiseaux durant la période migratoire. «Ces constructions leur servent de perchoir, souligne Olivier Biber. Mais, faute de pouvoir prendre leur envol correctement, nous avons constaté que plusieurs oiseaux s'étaient noyés dans ces bassins à ciel ouvert.»

Dans ce cas également, la société «Cigogne Suisse» a donc proposé des dispositions simples visant à éviter un nouveau massacre.«Nous ne pouvons pas agir directement, explique Olivier Bibler. Mais nous restons en contact étroit avec les sociétés nationales de protection de la nature qui suivent les dossiers.»

«SOS cigognes» s'est fixé pour objectif de réduire la mortalité des échassiers. Et de permettre ainsi le maintient de la population - quelques 176 couples d'oiseaux - qui séjourne régulièrement en Suisse.

Selon les scientifiques, 12 des 25 échassiers qui ont participé à la première opération sont encore en vie. Six d'entre eux sont même revenus en Suisse.

Vanda Janka

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