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Des révélations gênantes pour Skyguide

Un policier prend des photos d'un des moteurs du Tupolev russe. Keystone

Le système d'alarme de Skyguide ne fonctionnait pas au moment du crash de deux avions au-dessus du lac de Constance. Sur le terrain, les recherches continuent.

Ce contenu a été publié le 03 juillet 2002 - 12:26

Le système d'alarme automatique, qui prévient les contrôleurs aériens si deux avions risquent d'entrer en collision, était éteint lundi soir.

Et cela au moment où un Tupolev russe et un avion-cargo se sont heurtés en plein vol au-dessus de l'Allemagne, tuant 71 personnes dont 52 enfants, ont annoncé mercredi des aiguilleurs du ciel suisses.

«Le système ne fonctionnait pas à ce moment-là», a déclaré Roger Gaberelle, porte-parole de Skyguide, l'instance des contrôleurs aériens suisses qui était en charge de cette portion du ciel au-dessus du lac de Constance.

Les aiguilleurs du ciel étaient au courant

Il a ajouté que le système avait été éteint pour des vérifications de routine. «Cela se passe toujours la nuit, car c'est le moment où le trafic est le moins important», a-t-il expliqué.

La mise hors service n'a duré que quelques heures et les aiguilleurs du ciel étaient au courant, a, par ailleurs, expliqué un second porte-parole de la société suisse de contrôle aérien, Patrick Herr. Il a confirmé une information de l'émission de la TV alémanique «10 vor 10».

Les aiguilleurs du ciel suisses assurent qu'ils avaient demandé au Tupolev 154 de réduire son altitude avant la collision.

Au moment du drame, les deux avions étaient en train de réduire leur altitude. Les contrôleurs aériens ont affirmé mardi que le pilote de l'avion de ligne russe n'avait obtempéré que trop tard, à la troisième injonction.

Roger Gaberelle a déclaré que le contrôleur avait réagi 50 secondes avant que les chemins des deux avions ne se croisent, et que le système automatique, s'il avait été allumé, n'aurait probablement pas donné l'alerte avant ce moment-là.

«Cinquante secondes, ce n'est pas l'idéal, mais c'est un délai suffisant», a-t-il souligné, précisant que c'était un laps de temps conforme aux réglementations aériennes internationales.

Par ailleurs, les parents des victimes russes de la catastrophe se rendront jeudi en Allemagne. Vu les circonstances exceptionnelles, ces 130 personnes sont autorisées à voyager sans visa.

Le gouvernement du Bachkortostan envisage de verser une première somme de 1000 dollars à chaque famille, soit environ 1500 francs suisses.

Les Russes attaquent Skyguide

Enfin, l'agence russe RIA-Novosti a répété ses accusations contre les aiguilleurs du ciel suisses. Selon elle, une boîte noire du Tupolev a montré que les contrôleurs suisses lui avaient ordonné de descendre seulement 50 secondes avant l'accident et qu'il a obéi dans les 25 secondes.

«L'équipage a rempli intégralement tous les ordres des aiguilleurs du ciel suisses», a déclaré le directeur de la compagnie Bashkirian Airlines. Selon lui et la direction de l'aviation civile russe, l'accident est dû à une «erreur humaine» des aiguilleurs.

Poursuite des recherches

Policiers et sauveteurs ont repris mercredi à l'aube les recherches. Un porte-parole de la police a indiqué qu'un quatrième appareil d'enregistrement a été retrouvé: «Nous considérons qu'il s'agit probablement de la quatrième boîte noire», a-t-il souligné.

«Même les responsables des barrages ont repris leurs positions, pour empêcher l'accès aux zones où se trouvent des débris des appareils et les corps des victimes», a déclaré mercredi matin un porte-parole de la police de Friedrichshafen. Les recherches avaient été interrompues durant la nuit.

Mardi soir les enquêteurs avaient indiqué avoir retrouvé l'une des deux boîtes noires du Boeing. Il s'agit de l'appareil enregistrant les données de vol de l'avion cargo, a précisé le chef de la police de Friedrichshafen, Ekkehard Falk.

L'examen de l'appareil doit débuter mercredi. M. Falk a en revanche dit ne disposer pour le moment d'aucune information précise sur l'enregistreur de voix du Boeing.

La société de courrier DHL, qui avait affrété le Boeing, a pour sa part déclaré que les deux «boîtes noires» de l'appareil avaient été retrouvées.

Dans l'après-midi, les enquêteurs avaient retrouvé un enregistreur de voix dans les débris des deux avions. Pour Ekkehard Falk, il s'agit «très probablement celui du Tupolev», bien qu'il n'en soit pas «tout à fait certain». La boîte noire contenant les données du vol du Tupolev avait été retrouvée dans la matinée.

Quinze experts russes sont arrivés mardi soir à Friedrichshafen, pour participer à l'enquête dirigée par la police allemande. D'autres experts américains et suisses sont également attendus. Ils n'auront qu'une fonction d'observateur et n'auront pas de pouvoir de décision.

Déroulement des faits

Lundi, vers 23 heures 35 sur la rive allemande du lac de Constance, des témoins ont raconté avoir vu deux ou trois boules de feu dans le ciel et entendu une explosion. «Soudain le ciel est devenu tout clair, comme quand ça brûle», déclare Klaus Barinka, capitaine d'un bac transportant des voitures.

L'accident s'est produit au-dessus de la petite ville d'Überlingen. Un Tupolev TU-154 de la compagnie russe Bashkirian Airlines avec 69 personnes à bord est entré en collision avec un avion cargo Boeing 757 de la société privée de courrier DHL.

52 élèves partis pour des vacances en Espagne

Parti de Moscou, l'avion russe avait fait escale à Munich et se rendait à Barcelone. Cinquante-deux enfants, dont neuf avaient moins de 12 ans, avaient pris place à bord.

Ils étaient les meilleurs élèves d'une école créée par l'UNESCO à Oufa, la capitale de la république du Bachkortostan au pied de l'Oural. Leur récompense: des vacances sur la Costa Brava.

La moitié de ces jeunes étaient les enfants de hauts responsables de la petite république russe. Les élèves étaient arrivés samedi à Moscou et auraient dû repartir ce jour-là. Mais, en raison de problèmes d'organisation du voyage et de visas, ils ont attendu jusqu'à lundi avant de quitter la capitale. Le Tupolev transportait en outre douze membres d'équipage et cinq adultes.

L'avion cargo de DHL qui était parti de Bahrein pour Bruxelles, n'avait lui pour seul équipage que deux pilotes, un Britannique et un Canadien.

swissinfo avec les agences

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