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Des parlementaires genevois s’engagent en faveur des droits de l’homme en Tunisie

Une quarantaine de députés genevois s’inquiètent du sort de Taoufik Ben Brik (photo), un journaliste tunisien en grève de la faim depuis le début du mois. Ils demandent, par ailleurs, la libération de trois militants des droits de l’homme.

Ce contenu a été publié le 18 avril 2000 - 18:48

Une quarantaine de députés genevois s’inquiètent du sort de Taoufik Ben Brik (photo), un journaliste tunisien en grève de la faim depuis le début du mois. Ils demandent, par ailleurs, la libération de trois militants des droits de l’homme.

La pétition signée par ces parlementaires doit être transmise au gouvernement tunisien, ce mercredi, lors d’une manifestation devant la mission tunisienne auprès des Nations unies à Genève. D’autres représentations diplomatiques tunisiennes en Europe doivent également faire l’objet de manifestation ce même jour.

La situation des droits de l’homme en Tunisie inquiète en effet de plus en plus les organisations des droits de l’homme. Pour la première fois, un rapporteur spécial des Nations unies a présenté devant la commission des droits de l’homme réunie en ce moment à Genève un rapport critiquant les violations des droits de l’homme en Tunisie.

Dans ce contexte, le cas de Taoufik Ben Brik, un journaliste tunisien qui collabore, entre autres, avec l’agence de presse lausannoise Infosud, fait figure de symbole. Ce journaliste subit depuis des années des pressions et fait l’objet de mesures d’intimidation, suite à des articles qu’il a fait paraître dans la presse suisse et française.

Privé de passeport et menacé de poursuite judiciaire, Taoufik Ben Brik a donc entamé une grève de la faim. Cette décision désespérée a suscité une vague de mobilisation à travers l’Europe. Le ministère français des Affaires étrangères a même déclaré «suivre l’affaire avec la plus grande attention». La France est pourtant considérée comme un fidèle allié de la Tunisie.

Les principales organisations des droits de l’homme parlent d’une dérive autoritaire du régime tunisien. La Suisse a pourtant décidé d’intensifier ses liens avec la Tunisie. Pour la première fois depuis 1994, un membre du gouvernement suisse va se rendre en Tunisie.

Le ministre des Affaires étrangère, Joseph Deiss se rendra en effet les 1er et 2 mai prochain à Tunis. Le poste d’ambassadeur de Tunisie à Berne, resté vacant depuis 1995 (suite au refus du gouvernement suisse d’accueillir le président Ben Ali lors de son passage à Genève devant l’Organisation internationale du travail), doit être bientôt repourvu. Les autorités fédérales n’attendent plus que les lettres de créance de la future ambassadrice. Enfin, la Suisse espère la conclusion d’un accord de libre-échange avec la Tunisie, dans le cadre de l’Association européenne de libre-échange (AELE).

Ce réchauffement des relations entre Berne et Tunis risque pourtant de susciter des réactions. Le député socialiste au Grand conseil genevois Alberto Velasco, à l’origine de la pétition remise ce mercredi à la mission tunisienne de Genève, déplore cette visite. Il compte inciter le Parti socialiste suisse à réagir.

Frédéric Burnand

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