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Des milliers de chômeurs versent dans l'assistanat

La durée du chômage couverte par l’assurance passera de 520 à 400 jours. Keystone

Environ 5000 personnes devraient perdre leur droit aux prestations de l’assurance chômage depuis le 1er juillet.

Ce contenu a été publié le 01 juillet 2003 - 10:46

L’entrée en vigueur des nouvelles dispositions légales réduit la durée des prestations et menace d’augmenter le nombre de «cas sociaux».

Depuis le 1er juillet, la Suisse comptera probablement 5000 chômeurs de moins. Ce qui apparaît au premier abord une bonne nouvelle ne l’est pas, puisque, en réalité, ces personnes se retrouvent tout simplement privées du droit de toucher l’assurance chômage.

C’est en fait à partir de cette date fatidique qu’entre en vigueur la révision de la loi sur l’assurance chômage. La durée du chômage couverte par l’assurance passera de 520 à 400 jours pour toute personne âgée de moins de 55 ans.

Un coup dur sur le front de l'emploi

Selon le Secrétariat d'Etat à l'économie (seco), les nouvelles dispositions légales concerne entre 2500 et 3000 personnes.

Mais, en tenant compte également des personnes arrivées au bout de leur période de chômage selon l'ancien droit, les syndicats estiment, eux, que ce nombre devrait atteindre 5000 personnes au total.

«C'est un coup dur en cette période particulièrement noire sur le front de l'emploi», souligne Susanne Blank, responsable de la politique économique de la Fédération syndicale Travail.Suisse.

Une vague de licenciements

Lancée sans grande opposition au début de 2001, en période de pleine reprise économique, la révision de la loi sur l'assurance chômage répondait au double objectif de réduire les primes comme les prestations.

En novembre dernier, malgré les premiers signes d'un retour en force du chômage, 56% des Suisses ont approuvé la nouvelle loi proposée par le gouvernement et une majorité du parlement.

Or, les effets les plus redoutés de la nouvelle loi se font sentir alors que la Suisse affronte une nouvelle fois une phase de récession et une vague de licenciements en masse.

La semaine dernière encore, on apprenait la suppression de quelque 6500 postes de travail, dont 3000 pour la seule compagnie aérienne Swiss.

Après un léger mieux durant les trois derniers mois, en raison de facteurs saisonniers et avec l'introduction de nouvelles données statistiques, le taux de chômage des mois de juin et de juillet menace d'atteindre les 4% de la population active.

En conséquence aussi de l'arrivée sur le marché du travail des apprentis et des étudiants qui terminent leur formation.

Transfert de coûts sociaux

A partir du 1er juillet, la réduction de la durée des indemnités permettra donc, comme prévu, d'alléger les coûts de l'assurance chômage. Mais sans régler le problème pour autant.

Car, pour assurer leur survie, des milliers de personnes devront alors faire appel à l'assistance sociale dispensée par les cantons et les communes.

«Il s'agit d'un simple transfert des coûts sociaux qui n'apporte aucun avantage», commente Susane Blank. Au contraire, pour de très nombreuses personnes, le recours à l'assistance implique de graves problèmes financiers, sociaux et psychologiques.

Les contributions dévolues à l'assistance sociale sont généralement inférieures aux indemnités versées par l'assurance chômage. Et, presque toujours, les personnes assistées doivent d'abord sacrifier leur patrimoine.

Recherche d'emploi plus difficile

«En outre, il est plus difficile pour les assistés de retrouver un travail car les offices de l'emploi s'occupent en priorité des chômeurs qui bénéficient des prestations de l'assurance», ajoute Susanne Blank.

Ceux qui disposent encore d'économies doivent financer de leur poche les programmes de reconversion ou de requalification professionnelles, alors que les chômeurs de courte durée sont soutenus par l'assurance.

Selon une étude publiée en 2000 par le chercheur Daniel Aeppli, seuls 40% des assistés réussissent à retrouver un travail stable.

«Dans sa recherche d'emploi, une personne qui est au bénéfice de l'aide sociale se heurte toujours à une barrière sociale et psychologique», relève la collaboratrice de Travail.Suisse.

Plus encore que le chômage, le recours à l'assistance sociale favorise l'apparition de dépressions et d'affections psychosomatiques, provoquées par un sentiment de culpabilité et de honte à l'égard de la famille et de la société.

L'assistance sociale reste aujourd'hui synonyme d'exclusion. Ni les autorités, ni les syndicats ne sont en mesure de fournir de chiffres précis sur le nombre de personnes qui n'ont d'autre recours que l'aide sociale.

swissinfo, Armando Mombelli
(Traduction: Isabelle Eichenberger)

En bref

-La révision de la loi sur l’assurance chômage est entré en vigueur le 1er juillet.

- En novembre dernier, 56% des Suisses avaient approuvé la nouvelle loi proposée par le gouvernement et une majorité du parlement.

- La durée du chômage couverte par l’assurance passera de 520 à 400 jours pour toute personne âgée de moins de 55 ans.

- Privés de leurs indemnités, des milliers de chômeurs en fin de droit devront s'adresser à l’assistance sociale dispensée par les cantons et les communes.

- Selon une étude publiée en 2000 par le chercheur Daniel Aeppli, seuls 40% des assistés réussissent à retrouver un travail stable.

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