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Des lauriers à Moritz Leuenberger

Pour une fois, le Blick ne ménage pas ses louanges au conseiller fédéral zurichois. swissinfo.ch

La plupart des chroniqueurs de la presse helvétique saluent mercredi l'accord aérien trouvé entre la Suisse et l'Allemagne. Les conditions sont dures, mais la Suisse a pu sauver l'essentiel. Pour les commentateurs, le mérite en revient avant tout à Moritz Leuenberger.

Ce contenu a été publié le 05 septembre 2001 - 11:05

«Bravo Moritz!» titre ainsi le Blick. Le journal populaire alémanique, pourtant d'habitude prompt à s'indigner des revendications allemandes, a salué le travail du ministre des transports. «Moritz a réussi ! Les Allemands ont cédé, le chantage est réglé», écrit-il.

Pilule amère

En Suisse romande également, la presse loue le travail de Moritz Leuenberger. «Moritz n'est pas un incapable, écrit ainsi Le Matin. Il a mené ces pourparlers avec talent, évitant à la Suisse de payer un prix trop élevé.»

Pour Le Temps, le ministre des transports a très vite compris que «la Suisse avait peu de cartes à jouer dans la partie qui l'opposait à l'Allemagne». Mais, malgré ce rapport de force défavorable, le pays a pu sauver «plus que l'essentiel».

Il n'en reste pas moins que les conditions imposées à la Suisse sont dures. «La pilule amère a seulement reçu un vernis sucré», note par exemple la Neue Zuercher Zeitung.

Les députés trancheront

Reste à voir si le Parlement sera disposé à ratifier cet accord. La plupart des chroniqueurs pensent que ce sera le cas. Pour la Liberté, les opposants ne peuvent plus compter que sur un pari hasardeux. Or, pour le quotidien fribourgeois, «un tiens vaut mieux que deux tu l'auras».

Pour le Matin, «le succès de Moritz Leuenberger ne devrait pas, en principe, être entaché par un caprice du Parlement». En effet, les irréductibles devraient savoir qu'un refus aurait de graves conséquences pour la Suisse.

Mais finalement, pour un grand nombre de commentateurs, les Suisses ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Ainsi, même la Neue Zuercher Zeitung, pourtant censée défendre bec et ongles les intérêts zurichois, reconnaît que l'on a trop longtemps sous-estimé la situation en Allemagne du Sud.

Même son de cloche pour le Matin qui écrit: «Si Zurich et son aéroport avaient écouté les plaintes de citoyens allemands qui remontent à 1970, le conflit n'aurait pas dégénéré. Mais encore une fois, l'arrogance zurichoise a frappé».

Partie de sumo

En Allemagne, les Stuttgarter Nachrichten comparent ces négociations à une partie de sumo. Il manquait quelques kilos à Moritz Leuenberger pour faire le poids face aux revendications légitimes du sud de l'Allemagne, constate le quotidien.

Le ministre des transports allemand, confortablement positionné, n'a eu qu'à effectuer une légère poussée pour sortir son adversaire du ring.

Olivier Pauchard

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