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Des centaines de Roms cherchent asile en Suisse

Un nouveau groupe de Tziganes de Roumanie est arrivé lundi dans le canton de Vaud. Keystone

Après d'autres pays européens, c'est au tour de la Suisse de voir débarquer clandestinement des Tziganes de Roumanie.

Ce contenu a été publié le 23 septembre 2002 - 19:59

Ces deux derniers mois, plus de 300 Roms ont tenté leur chance en Suisse. Qui va très vraisemblablement les refouler.

Le dernier groupe de ces requérants d'asile est arrivé dans la nuit de lundi à mardi près de Crissier, dans le canton de Vaud. Le précédent, lui, avait été intercepté lundi dans la vallée de Joux, non loin de la frontière française.

Des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants qui sont en cours d'audition. Et qui disent venir d'Italie via la France, selon Guy-Charles Monney, porte-parole de la police du canton de Vaud.

La gendarmerie et le corps des gardes-frontière avaient déjà renforcé leurs contrôles le long de la frontière verte. Mais, affirme la police vaudoise, «ils seront encore intensifiés».

La police cherche à mettre la main sur les passeurs et les organisateurs de ce qui ressemble de plus en plus à une véritable filière. Mais, pour l'instant, aucun d'entre eux n'a pu être identifié.

En fait, c'est le cinquième groupe de Tziganes roumains qui choisit ce canton en l'espace de quinze jours seulement.

La présence dans ce canton de l'un des quatre centres suisses d'enregistrement des requérants d'asile y est certainement pour quelque chose.

Implanté à Vallorbe, au pied du Jura vaudois, il couvre, en effet, l'ensemble de la Suisse romande.

«C'est le genre d'information que connaissent très bien les passeurs qui acheminent les migrants en Europe de l'Ouest», confirme Dominique Boillat, porte-parole de l'Office fédéral des réfugiés (ODR).

Fermeté française

Pour le reste, aucune certitude ne permet d'expliquer cette arrivée soudaine de clandestins roumains dans le canton de Vaud. «Et, précise Guy-Charles Monney, aucun lien entre ces différents groupes n'a pu être établi.»

Dominique Boillat souligne tout de même la coïncidence entre les mesures restrictives récemment prises par la France contre des Roms de Roumanie et leur soudaine apparition en Suisse romande.

Une hypothèse reprise par le porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

«Depuis le 1er janvier, dit Jean-Philippe Chauzy, les Roumains n'ont plus besoin de visa pour pénétrer dans l'espace Schengen. Les Roms de Roumanie en profitent donc pour tenter d'échapper aux difficultés qu'ils connaissent dans leur pays.»

En effet, en Roumanie, les Tziganes sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Ce qui leur ferme, notamment, les portes du marché de l'emploi.

Refoulements probables

Quoi qu'il en soit, les discriminations dont souffrent les Tziganes ne justifient pas l'octroi d'un statut de réfugié. Pour Berne, la Roumanie figure en effet dans la liste des pays sûrs.

Selon Dominique Boillat, les requérants d'asile roumains seront donc très vraisemblablement refoulés. En Roumanie ou alors en France, le pays par lequel ils ont transité avant d'arriver en Suisse.

D'ailleurs l'ODR est actuellement en discussion avec les autorités françaises à ce propos. Son porte-parole confirme.

swissinfo/Frédéric Burnand à Genève

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