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Des actionnaires d'Air France saisissent la justice suisse

La société Forus est installée au World Trade Center, à Lausanne. Keystone

Pourquoi la compagnie Air France a-t-elle versé des millions de dollars chaque année à Forus, une société installée à Lausanne et animée par Boris Berezovski? Pour tenter d'en savoir plus, une plainte vient d'être déposée auprès de la justice vaudoise.

Ce contenu a été publié le 10 avril 2001 - 15:48

Le 11 septembre 2000, l'association Collectif UTA, qui regroupe des actionnaires d'Air France, demande par lettre recommandée au président de la compagnie française «pour quelles raisons le versement des redevances de survol du territoire de la fédération de Russie par Air France a été effectué sur un compte suisse dont l'ayant droit économique est Monsieur Boris Berezovski».

Jean-Cyril Spinetta, le patron d'Air France, ne dément pas complètement. «Nous ne versons pas de chèques directement à monsieur Berezovski, mais à une société qui représente Aeroflot.» Il s'agit de la société Forus Services SA, installée à Lausanne, et dont Boris Berezovski a bien été le co-fondateur et a appartenu au conseil d'administration.

De quoi s'agit-il exactement? Des compagnies comme Air France, mais aussi Alitalia, British Airways, Lufthansa ou KLM, versent chaque année 120 millions de dollars pour le survol de la Sibérie, et pour le catering, le service au sol, l'entretien et le fret en Russie. Selon les accusations des actionnaires d'Air France, l'argent n'atterrirait pas dans les poches d'Aeroflot mais dans celle de Forus.

Forus a d'ailleurs été perquisitionnée en 1999 par le ministère public de la Confédération à la demande des autorités russes. L'association Collectif UTA vient de porter plainte contre inconnu dans le canton de Vaud pour «infraction à la loi fédérale concernant la lutte contre le blanchiment d'argent».

Air France a déjà donné une explication concernant ses versements à cette société lausannoise: «On n'a pas le choix. Tout le monde doit payer là», souligne Jean-Cyril Spinetta. Le plus étrange dans cette affaire, c'est le mutisme d'Aeroflot. La compagnie russe ne s'est jamais sentie lésée par Forus.

Ian Hamel

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