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Un effet Obama sur l'art?

'Victory'... Une série flambant neuve et présentée en première à Genève. Deroy Peraza

Oui, est-on tenté de répondre après avoir vu l'exposition présentée au Flux Laboratory. Dirigé par Cynthia Odier, cet espace de création genevois propose une lecture drôle et fervente de la campagne électorale américaine. A l'appui, une vingtaine de sérigraphies réalisées par un collectif de graphistes new-yorkais.

Ce contenu a été publié le 08 novembre 2008 - 16:59

Obama au plus haut des cieux! A peine élu et déjà béatifié. C'est l'un de ses compatriotes qui ose cette piété. Il est jeune bien sûr, même pas 30 ans, et il est new-yorkais.

Son nom ? Deroy Peraza, graphiste de son état, audacieux, ambitieux dans ses rêves et suffisamment iconoclaste pour savoir en rire.
A ses yeux donc, Obama est un saint. C'est en tout cas comme ça que l'artiste voit son nouveau président, tête auréolée, façon images bibliques, et flanquée de deux minuscules croix.

Devant autant de ferveur, on est presque tenté de prier, si juste à côté ne paraissait, dans les mêmes conditions iconographiques, le visage de Sarah Palin (la colistière du républicain McCain). Là on se dit que rien ne va plus: porter cette femme aux nues, quelle idée! Mais subitement, on comprend. On comprend que dans leur sainteté ainsi célébrée, cet homme et cette femme sont inaccessibles: lui pour son extrême intelligence, et elle... pour d'autres raisons moins flatteuses.

Le reste est à l'avenant. Le reste, c'est-à-dire une vingtaine de sérigraphies, ironiques, ferventes, éducatives, drôles... consacrées aux élections américaines et réalisées, dans un style pop art, par Deroy Peraza et son équipe artistique. Soit une dizaine de graphistes et dessinateurs qui travaillent sous le label «Hyperakt», un studio de création collective, établi à Brooklyn et fondé en 2001 par ledit Peraza.

Clin d'œil à Warhol

Admirateur de Obama, ce dernier conçoit donc en février 2008, en pleine campagne présidentielle, une affiche à l'effigie de son candidat préféré. L'affiche est militante: y apparaissent 3 visages d'Obama en gros plan et en 3 couleurs (rouge, orange et mauve), façon Andy Warhol.
Au bas de chaque visage, pris en contre plongée, ce slogan: «The New Hope» (le nouvel espoir).

Mise sur le Web, l'affiche est très vite repérée. Elle sera même présentée à la Convention Démocrate de Denver, dans le cadre d'une exposition.
La revue «Courrier International» s'en empare aussitôt. Et c'est là que la découvre Cynthia Odier, directrice du Flux Laboratory, espace de création et d'exposition à Genève. Elle entre alors en contact avec Deroy Peraza et l'invite à venir présenter ses sérigraphies sur la campagne présidentielle américaine. Le vernissage de l'exposition est fixé au 1er novembre 2008. Jour J moins 4.

«Je ne voulais pas rater ce moment historique, nous confie aujourd'hui Cynthia Odier. Vous comprenez, le Flux Laboratory n'est pas un musée, je n'y programme pas des années à l'avance mes expositions. La mission du lieu consiste à réagir promptement aux événements clés de la vie artistique, aussi bien suisse que mondiale. Nous sommes en quelque sorte tenus par un devoir de spontanéité».

En primeur à Genève

Quatre novembre, explosion de joie planétaire. Deroy Peraza propose alors à Cynthia Odier une nouvelle série de sérigraphies, avec le visage d'Obama, décliné en quatre couleurs cette fois-ci (en hommage au 4 novembre, suppose-t-on).

Même design que dans la célèbre affiche du mois de février, sauf que le slogan a changé. En lieu et place du fameux «The New Hope», on peut lire: «We Made History» (Nous avons écrit une nouvelle page de l'Histoire).

Le Flux Laboratory aura donc la primeur de cette affiche «envoyée par DHL à Genève», précise, très fière, Cynthia Odier qui s'apprête à présenter l'œuvre au public ce week-end, enrichissant ainsi le reste de l'exposition en cours.
Mais la joie de la directrice des lieux n'est pas vaniteuse pour autant. Cette dernière se défend de tout effet de mode.

«Mon but, c'est d'encourager avant tout le talent des créateurs ambitieux et réactifs, lâche Cynthia Odier. La rapidité dans le travail est un atout américain que peu d'artistes de chez nous connaissent. Nous sommes hélas lents, et ce n'est pas un cliché. Nous mettons beaucoup de temps à décoder certains messages ou à les transcrire. Les créateurs jamais pressés m'énervent au plus haut point. Je trouve que travailler 'sur le grill' est toujours productif».

A bon entendeur, salut!

swissinfo, Ghania Adamo

Info pratiques

«The New Hope», exposition à voir au Flux Laboratory, Carouge (Genève), jusqu'au 17 novembre.

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Deroy Peraza

Graphiste américain d'origine cubaine.

En 2001, il fonde avec Julia Vasker un studio de création appelé «Hyperakt».

Etabli à Brooklyn (un quartier de New-York), Hyperakt réunit une dizaine d'artistes qui travaillent dans un style pop art.

Les clients du studio sont notamment des institutions culturelles, des organisations internationales ou encore des entreprises commerciales pour lesquelles le collectif réalise des pubs.

Outre son activité au sein de son collectif, Deroy Peraza organise des programmes d'éducation artistique pour des élèves vivant dans des quartiers pauvres de New-York.

Le travail d'Hyperakt a fait l'objet de plusieurs publications et a été présenté sur des sites de design influents.

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