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Rendez-vous à Thessalonique!

«Le rendez-vous de Thessalonique», détail de la couverture (Ed. Bernard Campiche) swissinfo.ch

C’est un premier roman. Il en a les saveurs subtiles, fragrances hésitantes d’une mémoire qui se défend, qui se protège: celle de Nicolas Verdan.

Ce contenu a été publié le 20 mai 2005 - 10:11

C’est un roman premier. Il en possède les demi-teintes, petites touches de couleurs vacillantes, pans de brume qui masquent les sentiments exacerbés. C’est un roman.

«Le rendez-vous de Thessalonique»... L’auteur se nomme Nicolas Verdan. Il a 34 ans. Il est journaliste au quotidien 24 Heures.

Il écrit des articles qui lui valent, quelquefois, des critiques acerbes. On ne raconte pas la vie des mouches sans risque, surtout si l’on trempe sa plume dans du vinaigre. Politiquement correct ou objectif et vilipendé, il n’y a pas d’autres choix. C’est le sort du journaliste ordinaire.

Écrivain ou journaliste?

Passer du reportage au roman comporte certaines difficultés. Je me souviens du journaliste Jacques Pilet qui me disait: «Fais attention à ne pas gâter ta plume en écrivant des articles... »

C’était le temps où 24 Heures s’appelait encore la Feuille d’avis! J’étais jeune, plein d’enthousiasme, fasciné par le journalisme. Aujourd’hui, je connais les risques et les vices des deux tracés.

Malgré cela (ou sans le savoir), Nicolas Verdan n’a pas hésité à mettre le pied sur la fragile passerelle qui relie les deux univers. La suite nous dira quelle rive lui conviendra le mieux.

Lausanne - Thessalonique

Un roman est toujours un voyage. Quelquefois dangereux, toujours désespéré, il est souvent le récit d’une quête. L’ouvrage de Nicolas Verdan en est un exemple sensible.

Ce Lorenzo qui laisse son métier d’architecte, sa femme, pour tenter de retrouver un ami nommé Themis, nous trouble, nous emmène, nous captive.

Dès les premières pages, on est saisi par la peur d’apercevoir notre propre reflet dans ce miroir obscur.

Des eaux sombres de l’Adriatique au long des côtes albanaises, jusqu’aux routes enneigées et sinueuses de l’Épire, le lecteur sombre dans une ambiance à vif. Blessure intime, souffrance de l’absence et du mal-être, avec Lorenzo, on recherche, nous aussi, tous, nos Themis.

Des paysages et des ombres

Comme l’étrave du bateau fendait les flots de l’Adriatique, la route vers la frontière tranche et découpe le paysage hivernal. Des ombres grimpent dans un camion. Ce sont des Albanais en quête, eux aussi, d’un ailleurs moins rude. Plus loin, des silhouettes près d’un véhicule en panne. Ce sont des Tziganes insultés, humiliés, comme toujours.

Et puis ce policier, et puis cette femme, et puis d’autres... Rien que des ombres, des silhouettes, à peine esquissées.

Thessalonique, enfin! Themis peut-être? Non! Pas encore.

Et Lorenzo, va.

swissinfo, Rolf Kesselring

Faits

Le roman «Le rendez-vous de Thessalonique» (110 pages) est publié aux Editions Bernard Campiche.
Diffusion en France dès l’automne 2005

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En bref

- Nicolas Verdan est né à Vevey en 1971.

- Sa vie se partage entre la Suisse et la Grèce, sa seconde patrie. Il vit pour l’instant à Lausanne, où il pratique le journalisme.

- Son chemin l’a conduit à plusieurs reprises au Proche-Orient

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