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Crime organisé, la Suisse remporte une manche

Une enquête du Ministère public de la Confédération a conduit à deux arrestations en Espagne et en France.

Ce contenu a été publié le 17 décembre 2002 - 19:45

Les deux suspects, domiciliés en Suisse, sont soupçonnés de collaboration avec une organisation criminelle internationale.

Ils sont sur la brèche depuis août 2000. La police judiciaire fédérale, les autorités françaises et espagnoles, ont mené une vaste enquête portant sur le trafic de drogue et le blanchiment d'argent.

Cette investigation, menée sous l'impulsion du Ministère public de la Confédération (MPC), vient de se conclure par l'interpellation de deux personnes.

Le principal suspect est un homme d'affaires espagnol domicilié à Genève depuis le milieu des années 90. Il a été appréhendé mercredi dernier en Espagne sur la base d'un mandat d'arrêt du MPC

Trafic international

Il est fortement suspecté d'être un membre influent d'une organisation criminelle se livrant à la contrebande et au trafic international de drogue entre l'Amérique du Sud, le Proche-Orient et l'Europe.

Il est également soupçonné d'avoir d'avoir blanchi, en Suisse ou depuis la Suisse, plusieurs dizaines de millions de francs pour le compte de cette organisation

Les autorités suisses vont demander son extradition à la justice espagnole.

Un proche du pouvoir saoudien?

Le second, un ressortissant algérien, a également été interpellé mercredi dernier en France dans le cadre de la même affaire.

Selon des sources proches de l'enquête, il s'agirait d'un proche du prince saoudien Nayef ben Sultan ben Fawwaz Al-Shaalan.

Ce dernier avait été inculpé en juillet dernier par un tribunal de Miami, aux Etats-Unis, pour «complot en vue de détenir de la cocaïne avec intention de la distribuer».

Le ressortissant algérien a été interpellé dans le cadre d'un trafic de cocaïne et de blanchiment d'argent, selon une source judiciaire française.

Il a été présenté samedi à un juge d'instruction de Bobigny, dans la banlieue parisienne, qui l'a mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

La Suisse veut l'entendre. Raison pour laquelle, elle a adressé une demande d'entraide judiciaire à la France.

Autres arrestations en vue

L'enquête du Ministère public concerne également un ressortissant saoudien qui, lui, n'a pas encore été interpellé.

«Toutefois, précise Hansjürg Mark Wiedmer, chef de l'information du MPC, il n'est pas exclu qu'elle soit élargie à d'autres personnes».

Et de poursuivre, «c'est désormais aux juges d'instruction fédéraux de poursuivre les investigations».

Et l'affaire est en effet loin d'être close. D'entente avec les autorités françaises et espagnoles, le Ministère public de la Confédération et la police judiciaire fédérale ont perquisitionné mercredi dernier dans les locaux de plusieurs sociétés et à trois domiciles privés à Genève.

De nombreux documents ont été placés sous séquestre.

Fruit de coopération internationale

«La collaboration entre les autorités suisses, françaises et espagnoles, a été exemplaire dans cette affaire», souligne Hansjürg Mark Wiedmer.

Et d'ajouter: «Les autorités judiciaires des Etats-Unis et du Liechtenstein ont pris part aux investigations internationales en donnant suite à des demandes d'entraide judiciaire. Deux autres requêtes sont pendantes outre-Atlantique».

L'enquête est désormais close pour le Ministère public de la Confédération. Ce dernier a transmis le dossier à l'Office des juges d'instruction fédéraux. Le juge genevois Paul Perraudin est chargé de la suite à donner à l'affaire.

swissinfo avec les agences

En bref

- En France, l'affaire a débuté le 6 juin 1999 avec la découverte de plus de 800 kg de cocaïne en banlieue parisienne.

- L'enquête a conduit à plusieurs arrestations en Europe et aux Etats-Unis.

- Les policiers français et américains, travaillant sur les cartels colombiens, ont découvert que le trafic avait des «ramifications» jusqu'en Arabie saoudite.

- Selon eux, de la drogue aurait été chargée dans un avion appartenant au prince saoudien Nayef ben Sultan.

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