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Coup de théâtre à la Commission des droits de l'homme

Au-delà de la succession de Mary Robinson, se pose la question de l’avenir même du Haut commissariat aux droits de l’homme. Keystone

A l'ouverture de la session annuelle de la Commission des droits de l'homme de l'ONU à Genève, Mary Robinson a annoncé qu'elle quitterait son poste de Haut commissaire à la fin de son premier mandat en septembre. Une décision qui a pris de court la Suisse, comme le reste du monde.

Ce contenu a été publié le 19 mars 2001 - 18:41

En guise de réaction, le ministère suisse des Affaires étrangères a déclaré qu'il regrettait ce prochain départ. «Nous avons pu faire du bon travail avec Mary Robinson», précise Ruedi Christen, porte-parole des Affaires étrangères.

Du côté de la section suisse d'Amnesty international, le propos est plus engagé: «Pour qu'une personne de la trempe de Mary Robinson quitte ce poste à la fin de son premier mandat, cela montre bien quelle est la difficulté de cette tâche», réagit Alain Bovard.

Pour justifier sa décision, Mary Robinson a, elle-même, énuméré quelques-unes des difficultés qu'elle a dû affronter. La Haut commissaire a, en premier lieu, exprimé son profond désarroi face au manque de ressources dont disposent les droits de l'homme au sein de l'ONU.

Ce domaine ne représente que 2% du budget régulier des Nations unies. Et grand nombre des collaborateurs de Mary Robinson sont au bénéfice de contrats temporaires.

Les Etats s'engagent donc peu. En outre, la plupart de leurs contributions volontaires sont liées à des projets précis. C'est le cas de la Suisse qui a versé en l'an 2000 plus de 800 000 francs au Haut commissariat aux droits de l'homme.

Sans marge de manœuvre budgétaire, Mary Robinson a également dû affronter l'hypocrisie des Etats. «Il y a un contraste frappant entre les déclarations, les belles paroles des gouvernements et la réalité sur le terrain», a fustigé Mary Robinson.

Au-delà de sa succession, se pose dès lors la question de l'avenir même du Haut commissariat aux droits de l'homme. Le premier Haut commissaire des droits de l'homme, l'Equatorien José Ayala Lasso s'était en effet distingué par l'extrême timidité de ses prises de position.

En lui succédant, Mary Robinson avait annoncé vouloir être la voix des victimes de violation des droits humains. Ce qu'elle a fait, en partie au moins, suscitant des critiques de toutes parts, des pays occidentaux comme des pays du Sud.

«Nous l'apprécions pour sa poigne et ses prises de positions tranchées. Mais il est plus difficile d'évaluer l'impact réel de ses prises de position», estime Alain Bovard de la section suisse d'Amnesty international.

Une source bien informée craint d'ailleurs que la personne qui remplacera Mary Robinson soit de nouveau une figure sans profil, comme José Alaya Lasso.

Mais le départ surprise de Mary Robinson pourrait également provoquer un sursaut qui permettrait de donner plus de moyens et de dents au Haut commissariat pour les droits de l'homme.

Frédéric Burnand

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