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Comment forcer les riches à aider les pauvres

Les 'superprofits' aideront-ils un jour les plus démunis? Keystone

Le Parti chrétien-conservateur (PCC) lance une initiative populaire prônant «une contribution de solidarité» pour lutter contre la pauvreté en Suisse.

Ce contenu a été publié le 27 mars 2006 - 15:21

Composé de catholiques ultraconservateurs, ce petit parti veut faire passer les riches à la caisse.

Pour lutter contre la pauvreté en Suisse, le parti chrétien-conservateur (PCC) veut faire passer les riches à la caisse. Il lance une initiative populaire «pour une contribution de solidarité». Celle-ci prévoit de ponctionner les revenus annuels supérieurs à 500.000 francs et les bénéfices d'entreprises au-delà du million de francs.

La récolte des signatures débute mardi pour se terminer le 28 septembre 2007.

L'initiative demande que les plus riches versent une contribution sociale aux plus pauvres, a expliqué lundi, lors d'une conférence de presse à Berne, Lukas Brühwiler-Frésey, président du comité d'initiative et du PCC. Il s'agit de lutter contre les risques et les conséquences du chômage et de la pauvreté, en particulier lorsqu'ils sont dus à une formation insuffisante.

Impôt sur les 'superprofits'

Compte tenu du «manque de solidarité des hauts revenus et du secteur économique», l'article constitutionnel sur la perception des impôts directs doit être complété. Ainsi, un impôt progressif doit être prélevé, auprès des personnes physiques, sur les revenus dépassant les 500.000 francs et, auprès des personnes morales de droit privé, sur les bénéfices annuels de plus d'un million de francs. Cet impôt peut être qualifié d'impôt sur les superprofits», selon le PCC.

Lukas Brühwiler-Frésey n'a pas pu préciser combien de personnes seraient touchées. Il est toutefois clair que l'initiative ne s'appliquera pas à la plupart des petites et moyennes entreprises (PME) et aux couches moyennes de la population, qui n'en profiteront d'ailleurs pas directement. La classe moyenne a ainsi une fonction d'arbitre dans le débat, selon le président de la PCC.

Marge laissée au Parlement

Il appartiendra au Parlement de fixer le taux d'imposition et les cantons ainsi que les communes décideront de l'affectation des fonds. L'initiative n'exclut pas la suppression de certaines dépenses étatiques ou la réduction d'autres impôts.

Lukas Brühwiler-Frésey n'a pas voulu préciser combien de moyens étaient mis à la disposition de la campagne. Aucun contact n'a encore été pris avec les autres partis ou avec des organisations.

Fondé il y a dix ans et implanté dans cinq cantons alémaniques, le PCC ne dispose d'aucun mandat politique, tant au niveau cantonal que sur la scène fédérale.

Son idéologie politique s'appuie sur la doctrine sociale catholique. Il s'est illustré jusqu'ici dans sa lutte notamment contre le nouveau droit du divorce, la solution des délais en matière d'avortement ou la fécondation in vitro.

swissinfo et les agences

En bref

- Créé en 1994 par des anciens membres du Parti démocrate-chrétien sous le nom de Parti populaire catholique, le PCC est implanté uniquement dans des cantons alémaniques.

- Le parti désire une société religieuse et conservatrice. Il compte 100 membres lors de sa création et en dénombre un peu plus de 1000 en 2005.

- Son programme politique est basé sur des principes religieux notamment avec son Programme d'action à travers les Dix Commandements.

- Il s'investit pour la reconnaissance de la famille traditionnelle, mais s'est opposé et s'oppose au PACS suisse, à la dépénalisation de l'avortement, et à celle du cannabis, ou aux accords bilatéraux avec l'Union européenne concernant les conventions de Schengen et de Dublin.

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Faits

L'initiative populaire permet à des citoyens de proposer une modification de la Constitution. Pour être valable, elle doit être signée par 100'000 citoyens dans un délai de 18 mois.
Le Parlement peut directement accepter l'initiative. Il peut aussi la refuser ou lui opposer un contre-projet.
Dans ces deux derniers cas, un vote populaire a lieu. L'adoption d'une initiative nécessite la majorité du peuple et des cantons.

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