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Combien rapporte la 5e Suisse

Le sénateur Filippo Lombardi était lui-même un Suisse de l’étranger Keystone

Quel rôle les Suisses expatriés jouent-ils pour l’économie? C’est l’une des questions posées par le sénateur Filippo Lombardi dans un postulat.

Ce contenu a été publié le 14 décembre 2004 - 10:41

Le gouvernement a déjà donné son soutien à cette proposition écrite. Et le Conseil des Etats (Chambre des cantons) en débat depuis mercredi.

Un Suisse sur dix vit à l’étranger. Leur présence au-delà des frontières est un élément important dans les rapports de la Confédération avec le monde. Et pourtant la Cinquième Suisse reste, sous de nombreux aspects, méconnue.

«Aujourd’hui, il manque une vision d’ensemble sur les rapports qu’entretiennent les expatriés avec leur pays d’origine», observe le conseiller aux Etats Filippo Lombardi, auteur d’un postulat qui sera discuté le 15 décembre à la Chambre des cantons.

Le sénateur tessinois, qui siège aussi au Conseil des Suisses de l’étranger et dont la famille a une longue tradition d’émigration en France, demande avant tout que le gouvernement élabore un rapport d’ensemble sur l’importance de la Cinquième Suisse pour les relations internationales de la Confédération.

Un pont vers le monde

«La Suisse, par un choix que je ne vais pas commenter ici, n’est pas entrée dans l’Union européenne. Elle se retrouve un peu isolée du reste du monde», constate Filippo Lombardi.

«C’est une raison de plus pour valoriser sa communauté à l’étranger comme un lien essentiel avec le monde.»

Le postulat demande en outre qu’une étude soit réalisée sur les avantages économiques de la présence d’une communauté helvétique forte à l’étranger. Une initiative que l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE) juge importante.

«La chaîne de relations de la Cinquième Suisse et la présence d’institutions helvétiques à l’extérieur ont un rôle fondamental pour nos rapports économiques avec le monde, souligne Rudolf Wyder, secrétaire de l’OSE. Sans oublier qu’un franc sur deux est gagné à l’étranger.»

Les résultats du rapport et de l’étude devraient servir de base pour définir les améliorations qui pourraient être apportées au soutien financier que la Suisse assure à cette présence à l'étranger.

Trop de coupes

Les plans d’épargne de la Confédération, observe Filippo Lombardi, ont frappé de manière disproportionnée les relations de la Suisse avec l’étranger.

Le sénateur évoque notamment la suppression des subventions fédérales à swissinfo, la diminution des subsides pour les écoles suisses à l’étranger, la question de l’affiliation volontaire des expatriés à l’Assurance vieillesse (AVS).

Le postulat Lombardi s’intéresse aussi au thème de la participation politique de la Cinquième Suisse. Il invite le gouvernement à introduire le plus vite possible le vote électronique.

Enfin, le sénateur avance une proposition originale: organiser ponctuellement des conférences avec des politiciens d’origine suisse qui vivent ailleurs dans le monde pour renforcer les liens avec les institutions des autres pays.

«Cela se fait déjà ailleurs, précise le conseiller aux Etats. Moi, par exemple, j’ai une grand-maman italienne. Il y a quatre ans, j’ai été invité à Rome à la conférence des parlementaires d’origine italienne du monde entier.»

«Apparemment, la Grèce fait pareil, selon les informations que m’a données mon collègue du Conseil national Joseph Zysiadis.»

Large soutien

Avant même qu’il ne soit débattu au Conseil des Etats, le postulat a déjà obtenu un important soutien. 26 conseillers aux Etats (sur 46) l’ont signé. Le Conseil fédéral, pour sa part, a recommandé de l’approuver.

Cet enthousiasme réjouit l’OSE. «Le postulat tombe à un moment important de l’histoire des rapports entre la Suisse et l’Europe. Le soutien qu’il a obtenu montre qu’au parlement l’intérêt pour la Cinquième Suisse a augmenté», commente Rudolf Wyder.

«D’ailleurs, il suffit de se souvenir que 80 parlementaires ont adhéré au groupe ‘Suisses de l’étranger’.»

«Quoiqu’il en soit, observe encore le secrétaire de l’OSE, le développement des relations avec la Cinquième Suisse n’est pas une alternative à l’intégration européenne. C’est une mesure complémentaire.»

swissinfo, Andrea Tognina
(Traduction de l’italien: Alexandra Richard)

Faits

Selon les statistiques officielles, 612'000 citoyens suisses vivent à l’étranger.
Près de 90'000 sont inscrits sur les listes pour accéder au vote.

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En bref

Le postulat de Filippo Lombardi demande au Conseil fédéral de:

- Définir dans un rapport l'importance de la Cinquième Suisse et le rôle que la Confédération lui attribue dans ses rapports avec l'étranger

- Réaliser une étude scientifique sur les bénéfices économiques que la Suisse tire de la présence des ressortissants suisses dans le monde entier

- Examiner, sur la base du rapport et de l'étude, les améliorations qui pourraient être apportées au soutien financier que la Suisse assure à cette présence à l'étranger

- Favoriser davantage la participation politique des Suisses de l'étranger

- Examiner la possibilité de convoquer en Suisse une conférence des politiciens d'origine suisse du monde entier

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