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Cinq ex-pontes de la BCGe dans le collimateur de la justice

Dominique Ducret, ancien président de la BCGe (à droite) et Marc Fues, ex-directeur général de l'établissement. Keystone Archive

L'enquête pénale ouverte contre les anciens organes de la Banque cantonale de Genève (BCGe) a pris une nouvelle tournure. Cinq inculpations ont été prononcées vendredi par la justice genevoise.

Ce contenu a été publié le 23 mars 2001 - 14:13

Dominique Ducret, ancien président de la BCGe, Marc Fues, ex-directeur général de l'établissement, ainsi que René Curti, actuel membre de la direction de la banque, sont dans le collimateur de la justice. Deux employés de la société Atag Ernst & Young, ancien réviseur de la BCGe, ont aussi été inculpés.

Les cinq personnes sont poursuivies pour faux renseignements d'entreprises commerciales, gestion déloyale, faux dans les titres et gestion déloyale des intérêts publics. L'enquête pénale, menée de front par quatre juges d'instruction, a débuté il y a environ une année, suite à une plainte d'un groupe de petits actionnaires.

Cette affaire va être un «feu pyrotechnique, ça va péter dans tous les sens», a déclaré l'avocat d'un inculpé. Pour l'instant, seule une association des petits actionnaires de la BCGe a demandé à se constituer partie civile dans la procédure. L'Etat et la Ville de Genève ont de leur côté l'intention de le faire.

Devant le juge d'instruction, Marc Fues a contesté catégoriquement avoir commis une quelconque infraction pénale, a déclaré son avocat, Christian Luscher. «C'est tout juste si on ne lui reproche pas la crise des années 1980». L'avocat a promis «une bataille judiciaire frontale».

Si pour se défendre, Marc Fues doit mettre en cause d'autres personnes, il le fera, a encore ajouté, en substance, M. Luscher. L'avocat entend aussi contester la possibilité pour l'Etat et la Ville de Genève de se constituer partie civile dans cette affaire. A ses yeux, «seule la BCGe» aurait la qualité pour le faire.

Comme Marc Fues, Dominique Ducret s'estime inculpé à tort. L'ancien président de la BCGe a indiqué au juge d'instruction qu'il a toujours agi dans les intérêts de l'établissement, en accord avec les autres membres du conseil d'administration et du comité de banque, a fait savoir son avocat, Robert Assaël.

L'affaire BCGe a éclaté il y a un peu plus d'un an, lorsque la situation réelle de la banque est apparue au grand jour. L'ardoise finale pourrait s'élever, selon des estimations faites à ce jour, à quatre milliards de francs. Or, dans ses comptes, la BCGe n'avait constitué que des provisions pour environ un milliard de francs.

Sans l'intervention de l'Etat de Genève, la banque risquait de devoir déposer son bilan. Dans l'urgence, une fondation de valorisation des actifs a été créée pour reprendre les crédits douteux garantis par gages immobiliers de la BCGe. Elle a pour mission de réaliser au mieux les actifs qui lui ont été confiés.

C'est l'Etat de Genève qui prendra en charge les pertes essuyées par la fondation de valorisation. Pour y faire face, le canton a inscrit dans ses comptes 2000 une provision extraordinaire de 2,7 milliards de francs. Celle-ci sera dissoute, au fil des ans, au gré des réalisations de la fondation.

swissinfo avec les agences

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