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Charles-Henri Favrod devant la justice

Charles-Henri Favrod devant le Tribunal correctionnel de Lausanne. Keystone

L’ancien directeur du Musée de la photographie de l'Elysée à Lausanne répond depuis mardi de sa gestion de l'institution devant la justice vaudoise.

Ce contenu a été publié le 18 novembre 2003 - 21:23

Charles-Henri Favrod est accusé d'avoir antidaté des contrats réalisés par son ex-adjoint, lui-même déjà condamné à une peine de prison ferme pour escroquerie.

L'affaire, touchant un musée dont la renommée a largement dépassé les frontières sous la direction de Charles-Henri Favrod, avait défrayé la chronique à la fin des années 90, après le départ à la retraite de son fondateur.

La tâche du Tribunal correctionnel de Lausanne est de tenter de déterminer si l'ex-conservateur du Musée de l'Elysée, accusé de gestion déloyale des intérêts publics et de faux dans les titres, a agi dans le dessein de forcer le musée à poursuivre les projets de son collaborateur.

L'Etat de Vaud s'est porté partie civile contre l’ancien journaliste, âgé aujourd'hui de 76 ans.

Contrat avec six photographes

Le fondateur du musée lausannois de la photographie est en effet accusé d'avoir signé en 1995-1996 des contrats antidatés. Ces documents préparés par son adjoint étaient conclus avec six photographes, imposant au musée d'organiser avec eux une exposition avant fin 1996, 1997 ou 1998.

Les contrats en question engageaient le canton pour plusieurs millions de francs.

C'est le nouveau directeur du musée qui a découvert l'existence de ces commandes douteuses effectuées en dehors de toutes les normes en vigueur.

Une découverte faite en juillet 1997, soit un an et demi après l’entrée en fonction de William Ewing, lorsque deux des six artistes ont réclamé plusieurs centaines de milliers de francs.

«A mes yeux, a déclaré William Ewing à la Cour, c'était clairement une tentative de lier l'Etat». Le respect de ces engagements aurait, selon lui, conduit le Musée de l'Elysée à sa perte.

Une étourderie


Charles-Henri Favrod affirme pour sa part avoir agi par étourderie. Il se souvient avoir signé avec «mauvaise humeur» des documents libellés sans son aval et sur fond de conflit permanent avec son ancien bras droit.

Il s'agissait selon lui de «régulariser» la situation de six photographes, travaillant depuis des années pour l'institution.

Témoin de moralité de la défense, Léonard Gianada, patron de la fondation éponyme à Martigny, s'est offusqué de cette histoire «lamentable».

«On demande à la fois à un directeur de musée d'être un gestionnaire et un artiste, c'est incompatible». Selon lui, Charles-Henri Favrod devrait avoir son buste devant son musée.

Quant à l'ancien collaborateur, il a également pris la défense l'ex-conservateur du Musée de l'Elysée.

«Je prenais mes décisions unilatéralement», a déclaré celui qui se voyait déjà dans le costume du directeur.

Condamné en décembre 2000 à 27 mois de prison pour avoir détourné plus de 700’000 francs, il est actuellement en liberté provisoire.

Le procès se poursuit mercredi avec l'audition des derniers témoins, le réquisitoire et les plaidoiries. Le Tribunal correctionnel de Lausanne rendra son jugement lundi.

swissinfo et les agences

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