Navigation

Cette mystérieuse fascination pour le Moyen-Age

«Chacun s’imagine le Moyen-Age à sa façon». Tjoster

Fêtes et spectacles médiévaux se multiplient depuis quelques années en Suisse. Du 16 au 24 août, c’était au tour de Berne.

Ce contenu a été publié le 22 août 2003 - 08:50

Un retour vers le passé qui divertit et fait rêver, mais qui permet aussi de redécouvrir son propre patrimoine culturel.

Pour célébrer les 650 ans de son appartenance à la Confédération, le canton de Berne n’a pas résisté à la tentation. Il s’offre un grand spectacle médiéval.

Au lieu de se limiter aux traditionnelles expositions thématiques, le Musée historique de Berne a ainsi décidé de reconstituer des scènes de la vie médiévale: potences, boutiques d’artisans, démonstrations de jongleurs et acrobates, etc.

Comme ailleurs en Europe, la passion pour l’ère des princesses et des dragons a conquis la Suisse. Les aventures du petit sorcier Harry Potter et l’arrivée sur les écrans du Seigneur des Anneaux ont encore renforcé la tendance.

Après Estavayer-le-Lac en 1994, une dizaine de villages possédant des centres historiques médiévaux ont mis en scène des spectacles autour du quotidien de l’époque. Parti de Suisse romande, le virus a ensuite contaminé la Suisse alémanique.

Sauvegarde du patrimoine

«Au début, je pensais que ce serait juste un divertissement éphémère. Et puis, j’ai constaté que nos fêtes attiraient de plus en plus de gens», se souvient Jean-Daniel Rytz, fondateur de la Mesnie des Bousquines en Barbe, l’une des compagnies médiévales nées ces dernières années.

La compagnie d’Avenches est formée surtout d’artisans qui se sont intéressés aux techniques anciennes, pratiquement disparues, en se plongeant dans des livres ou en consultant des archéologues.

Ainsi les fêtes médiévales représentent une occasion unique de voir à l’œuvre un boulanger, un potier, un sellier, un maréchal-ferrant ou un herboriste.

Pour Jean-Daniel Rytz, qui a grandi à Morat (une petite cité typiquement médiévale du canton de Fribourg), il s’agit avant tout de redonner de la valeur à notre patrimoine historique. «C’est un peu ma façon de lutter contre les produits standardisés et préfabriqués de la globalisation.»

John Howe et la Company of Saynt George

Parmi les principales attractions de la fête de Berne: la Compagnie de Saint-Georges (Company of Saynt George), la plus importante des confréries médiévales suisses, emmenée par John Howe, l’homme qui a donné un visage aux personnages du Seigneur des Anneaux.

Avec des costumes et des équipements fidèlement reconstitués, la compagnie présente la vie quotidienne d’une garnison militaire et de son entourage.

«Il ne nous reste du Moyen-Age que des fragments ou des objets précieux exposés dans les Musées. Derrière leur vitrine, ils ne nous racontent plus rien. Nous, nous essayons de leur redonner vie», explique John Howe.

«Mais notre compagnie espère surtout offrir un autre regard sur une période de l’histoire dominée par les clichés. Un regard plus objectif, poursuit l’illustrateur. Bien sûr, on ne peut pas se faire une idée précise de mille ans d’histoire européenne.»

Un monde idéalisé

C’est peut-être cette part de mystère qui fascine. «Chacun s’imagine le Moyen-Age à sa façon», ajoute John Howe. Avec une grande part d’idéalisme aussi.

«Cette époque est romancée et idéalisée, surtout depuis 68, où elle est devenue une sorte d’espace historique utopique», précise Agostino Paravicini, professeur d’histoire médiévale à l’université de Lausanne.

Il ne faut donc pas s’étonner si les fêtes médiévales mettent en avant des valeurs comme l’amour, le courage, l’honneur, la fidélité. «Le plus souvent, nous cherchons à retrouver des valeurs qui nous semblent avoir disparu de notre société», analyse l’historien.

«En fait, l’intérêt pour le Moyen-Age est un peu comme une chasse au trésor, conclut l’illustrateur du monde des Hobbits, des elfes et du mage Gandalf. Et cette époque peut nous apprendre beaucoup.»

swissinfo, Armando Mombelli
(Adaptation: Alexandra Richard)

En bref

- En Suisse, la première fête médiévale ‘contemporaine’ remonte probablement à 1976, à l’occasion du 500e anniversaire de la bataille de Grandson.

- La tendance s’est accentuée durant la seconde moitié des années 90, après le spectacle de Pierre de Sang, à Estavayer-le-Lac, en 1994.

- Depuis les fêtes médiévales se sont multipliées à travers toute la Suisse: Saint-Jean de Gruyères, Fribourg, Saillon, Romainmôtiers, Bonneville, Saint-Ursanne, Morges, Burgdorf, etc.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?