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Ces projets de circuits F1 qui sortent du bois

Autoriser les Grands Prix en Suisse serait une chose. Construire un circuit en serait une autre... Keystone Archive

La Chambre haute du Parlement dira au printemps si elle confirme la décision de la Chambre basse de lever l’interdiction en Suisses des courses automobiles sur circuit datant de 1955.

Ce contenu a été publié le 01 novembre 2004 - 16:36

Dans l’attente de cette décision, les partisans de plusieurs projets affûtent leurs arguments.

L’initiative parlementaire déposée par Ulrich Giezendanner s’apparente à un nouveau «coup» médiatico-politique de l’Union démocratique du centre (UDC/ droite dure).

Car même si le Conseil des Etats (Chambre haute) suivait le Conseil national (Chambre basse) au printemps prochain et confirmerait la levée de la prohibition des courses automobiles sur circuit, rien n’indique que l’organisation d’un tel événement soit réellement possible en Suisse.

Plusieurs obstacles



Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord parce que les nuisances sonores et polluantes associées à de telles manifestations ne manqueraient de susciter la colère et le dépôt de recours des milieux écologistes et des éventuelles futures populations concernées.

Durant les débats parlementaire, l’écologiste et présidente de l’ATE Franziska Teuscher n’a d’ailleurs pas manqué de stigmatiser les «moteurs puants et polluants de ces jeux dignes de la Rome antique».

Mais aussi parce que la Formule 1 lorgne toujours plus vers l’Asie (Malaisie, Quatar, Japon et Chine) en raison des lois plus libérales qui autorisent – contrairement à l’Europe – la publicité pour le tabac.

La F1 est également un des vecteurs publicitaires essentiels du marché de l’automobile. Celui-ci étant saturé en Europe et aux USA, l’avenir de la voiture se trouve désormais plus à l’Est.

«Il y a tout de même de l’argent en Europe et en Suisse pour les courses automobiles, mais l’intérêt politico-commercial va clairement à l’Est, confirme Daniel Fausel. Et ce qui est clair, c’est que les sommes nécessaires à la mise sur pied d’un Grand Prix se montent à six ou sept chiffres.»

Responsable du secrétariat d’Auto sport suisse et secrétaire de la commission nationale de sport automobile, ce dernier veut croire que la construction d’un circuit en Suisse pourrait s’avérer attrayante pour l’économie et le tourisme du pays.

Trois projets romands



«Il faut bien se rendre compte que l’automobilisme sur circuit est plus que la F1, argumente-t-il. C’est aussi la Formule 3000, les voitures de tourisme et la moto.»

«Et puis, surtout, cela permettrait la création de nouveaux postes de travail dans les secteurs de la haute technologie. Mais l’idée est surtout d’avoir un circuit qui serve à des cours de formation.»

Nombreux sont en effet les Suisses à dépenser des fortunes pour aller conduire en Italie et en Allemagne. Sans compter le fait que l'introduction du permis de conduire à l'essai (avec une formation pratique d'un jour à suivre dans un endroit fermé à la circulation) risque bien d’augmenter le recours aux pistes d'entraînement à l'horizon 2006.

C’est principalement sur ces derniers arguments que se basent les promoteurs de plusieurs projets de circuits suisses en gestation pour justifier leurs démarches.

Hormis deux projets suisses-alémaniques – Dübendorf dans le canton de Zurich et Interlaken dans celui de Berne – les trois idées les plus concrètes concernent le Valais et la Broye vaudoise.

«Centre alternatif de Chamoson»

Le projet le plus onéreux est celui du «Centre alternatif de Chamoson» qui prévoit d’installer une zone industrielle entièrement consacrée à la recherche automobile dans la plaine du Rhône.

Devisé à un milliard de francs, il comprend un circuit modulable pour toutes sortes de formation et les infrastructures nécessaires à l’organisation d’événements nationaux et internationaux de grande envergure.

L’idée force est également de se concentrer sur le développement des énergies renouvelables et non-polluantes.

«Le projet de Tourtemagne»

Le projet de Tourtemagne – devisé à 35 millions de francs – vise pour sa part à construire un centre de sécurité routière et un circuit privé sur l’ancien site de l’aérodrome militaire désormais fermé.

L’anneau long de 5,2 kilomètres serait uniquement destiné au perfectionnement et bordé de divers bâtiments vantant l’automobile et les différents produits du terroir.

Ce dossier vise à réaliser une synergie entre l’agriculture et le tourisme des lieux.

Et celui de la Broye vaudoise



Enfin, une association – dont fait partie l’ancien pilote moto neuchâtelois Jacques Cornu - se bat pour créer un nouveau circuit dans la Broye vaudoise. Les coûts prévus se montent à 100 millions.

Bien que pensé essentiellement pour le perfectionnement des automobilistes et des motards, le projet est conçu pour accueillir des courses (F1, F3000, moto) de niveau international

Les plans mentionnent 4,4 kilomètres de piste – dont une ligne droite de 800 mètres autorisant une vitesse de 315km/h- et 13 mètres de large proche des localités de Moudon et Lucens.

Ces derniers ont été dessinés par un expert en la matière, soit Hermann Tilke. L’architecte allemand est le «père» des derniers-nés de circuits de Malaisie, du Quatar et de Chine.

Reste que tous ces beaux projets pourraient rapidement se retrouver dans des tiroirs poussiéreux si le Conseil des Etats décidait, au printemps, de ne pas entrer en matière sur la question.

swissinfo, Mathias Froidevaux

Faits

Les coûts prévus des projets romands :

Un milliard de francs pour le «Centre alternatif de Chamoson»100 millions de francs pour le projet de la Broye vaudoise
35 millions de francs pour le projet de Tourtemagne

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En bref

- Les courses de voiture à caractère public ont été légalement prohibées en Suisse entre 1955 et 2004.

- Le terrible accident des 24H du Mans du 12 juin 1955 qui avait fait 85 morts (une voiture était sortie de la piste tuant le pilote et les spectateurs) est à l’origine de cette décision

- Le dernier Grand Prix sur sol suisse – le Grand Prix de Berne - a donc eu lieu en 1954.

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