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Ce chocolatier qui tait son nom

Une boîte de chocolats Gysi avec le label de Harrods. Harrods

Les grandes marques de chocolat suisse ont conquis leur célébrité grâce à des produits de qualité. Mais aussi en en soignant leur nom.

Ce contenu a été publié le 16 août 2003 - 12:06

Pourtant, depuis des années, la société bernoise Gysi laisse ses clients coller leur label sur ses produits…

«En Angleterre, par exemple, nous avons pour client Harrods, de Knightsbridge. Nous vendons aussi à Marks and Spencer, qui importe plusieurs de nos produits. Et aussi des supermarchés comme Tesco ou Sainsbury’s», explique à swissinfo Louise Gysi, directrice des exportations de la société.

«Nous faisons de bonnes affaires au Japon et, aux Etats-Unis, nos produits sont vendus dans des hôtels cinq étoiles», ajoute-t-elle.

Peter, son mari, patron de la société et responsable des ventes en Suisse, n’est pas particulièrement préoccupé par le fait que le nom de Gysi ne figure pas sur les emballages.

«Je pense que chacun doit se créer sa niche sur le marché. Après tout, pourquoi pas renoncer à afficher son label si c’est la clé du succès?», estime-t-il. Et d’ajouter: «Nous sommes inconnus du grand public mais réputés dans le secteur».

Louise Gysi n’en est pas aussi totalement convaincue, mais elle garde les pieds sur terre: «J’adorerais voir figurer mon nom sur les emballages… mais c’est ainsi que notre société a construit sa réussite. Je dois donc l’accepter.»

Une confiserie pour commencer

La société, qui emploie jusqu’à 120 personnes en période de pleine production, a été créée par le père de Peter, Walter Gysi. En 1935, il commençait par ouvrir une confiserie et tea-room avec sa femme, Erika, dans le centre de Berne.

Assortiment de truffes, d’amandes et noisettes enrobées de chocolat, de bâtons fourrés à la liqueur… leur magasin s’est rapidement fait sa réputation. En utilisant des produits de première qualité, en inventant et perfectionnant ses propres recettes, Gysi s’est taillé un beau succès.

En 1948, une petite usine a été construite dans la zone industrielle de la ville fédérale dans le but de fabriquer des spécialités destinées aux confiseries et aux boutiques spécialisées.

Le magasin des débuts a ensuite été démoli lors de la construction de la nouvelle gare de Berne.

Développer les traditions familiales

La deuxième génération a repris les affaires en 1968, lorsque le fondateur de l’entreprise familiale a pris sa retraite. Elle a développé les traditions familiales et adapté les procédés de fabrication aux technologies modernes.

La société est aujourd’hui dirigée par Peter Gysi, son épouse néerlandaise Louise et son frère, Walter.

Louise, dont le père avait lui-même dirigé une chocolaterie aux Pays-Bas, raconte qu’elle a dû s’y prendre à plusieurs fois pour parvenir à s’ouvrir les portes de Harrods.

Elle a fini par y réussir, après une présentation-marathon de quatre heures, au lieu des deux heures prévues. Mais faire l’article ne lui fait pas peur.

«Non, j’adore ça. J’en ai adoré chaque minute parce que je suis en général très bien préparée pour ce genre de présentation. Et puis je sais que je vends les meilleurs chocolats du monde», s’enthousiasme-t-elle.

Des ingrédients frais

Pour ce qui est des truffes, leur grande qualité repose sur leur fraîcheur, car Gysi utilise une crème liquide dont la durée de conservation est de huit semaines.

«Une grande société qui fournit les supermarchés ne peut le faire parce que ceux-ci exigent une durée de conservation sur les rayons de quatre à huit mois. Cela fait une énorme différence dans la qualité du chocolat», explique Peter Gysi.

«Nous faisons aussi preuve de créativité avec des offres spéciales. Par exemple nous sommes les seuls à fabriquer certains produits et, souvent, en petites quantités, ce que les plus gros producteurs ne sont pas en mesure de faire.»

On ne s’étonnera pas lorsque Peter et Louise Gygi avouent tous deux qu’ils aiment le chocolat, mais en mangent modérément.

«C’est un produit fascinant. C’est une gourmandise, les gens aiment en parler, c’est un beau métier», commente Peter.

«Pour vous dire la vérité, il nous arrive parfois, lorsque nous sommes en vacances, d’aller acheter du chocolat au supermarché du coin. Nous ne pouvons pas vivre sans en manger un morceau chaque jour», confessent-ils, un peu confus.

swissinfo, Robert Brookes
(Traduction: Isabelle Eichenberger)

Faits

En 1935, Walter Gysi ouvrait une confiserie à Berne.
En 1948, il construisait une chocolaterie fournissant des commerces spécialisés.
En 1968, ses fils, Peter et Walter, reprenaient et modernisaient l’entreprise familiale.

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