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Cannes: le regard d'enfant de Manuel de Oliveira

Manuel de Oliveira (droite), offre un superbe rôle à Michel Piccoli (gauche) Keystone

Doyen du cinéma mondial, Manuel de Oliveira, 93 ans, est une nouvelle fois en compétition à Cannes. Le réalisateur de «Francisca» et du «voyage au début du monde» présente «je rentre à la maison». Accueil enthousiaste ce dimanche à Cannes.

Ce contenu a été publié le 13 mai 2001 - 21:13

Pour ce film le plus jeune, le plus enjoué, le plus malicieux découvert jusqu'ici en sélection officielle. Portant un regard d'enfant sur le Paris de l'an 2000, Manuel de Oliveira raconte une non-histoire d'apparence légère: l'histoire d'une civilisation où le superflu, l'argent, la course à l'audimat l'emporte sur l'essentiel.


Personnage central de ce long métrage qui, fraternellement, salue Fellini et Jacques Tati, un vieux comédien respectueux de la déontologie d'homme et d'artiste. Une longue carrière lui a valu les plus grands rôles.

Jusqu'au soir où, à l'issue d'une représentation, la tragédie entre dans sa vie: un accident de la route coûte la vie à sa femme, sa fille et son beau-fils. Si le temps passe, le comédien dont l'existence se partage entre son petit-fils et la scène, fait peu à peu l'apprentissage de ce qu'il appelle «la solitudine».

La vie continue...du moins pense-t-il. Un jour, sur un plateau de tournage d'un metteur en scène américain ( John Malkovitch), le vieil acteur sent le monde lui échapper. Le texte fuit. C'est alors qu'il arrête tout et dit tranquillement: je rentre à la maison.

Manuel de Oliveira offre à Michel Piccoli l'un des plus beau rôle de sa carrière, susceptible de lui valoir un prix d'interprétation. Michel Piccoli, qui entoure Sylvie Testud, Catherine Deneuve, Antoine Chappey et Adrien de Van, dit de Manuel de Oliveira qu'il «sait jouer l'ange et être le diable: rires, facéties, forces de nos éternelles enfances».

Signalons qu'une co-production suisse est projetée lundi soir en compétition. Il s'agit de «Roberto Succo», du cinéaste français Cédric Kahu.

Cannes, Patrick Ferla

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