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Cannabis: l'Europe balance entre répression et dépénalisation

La dépénalisation de la consommation du cannabis placerait la Suisse dans le groupe des pays européens optant pour une prudente libéralisation. L'Union n'affiche aucune cohérence en la matière, malgré une tendance favorable à la tolérance.

Ce contenu a été publié le 15 février 2001 - 18:29

Parmi les pays les plus répressifs, la France ne fait pas la différence entre drogues douces et dures. La seule consommation de cannabis peut valoir un an de prison. Une prohibition peu efficace à en croire une récente étude gouvernementale qui révèle que 45% des adolescents de dix-sept ans ont déjà expérimenté le cannabis.

A l'opposé, les Pays-Bas sont connus pour leur permissivité, symbolisée par les fameux coffee-shops. La vente de cannabis y est autorisée aux clients de seize ans révolus, la production de petites quantités est tolérée.

Toutefois les autorités néerlandaises ont durci leur politique depuis les années septante, notamment sous la pression des habitants des quartiers investis par les trafiquants et leurs clients. Depuis deux ans, les motifs de fermeture des coffee-shops sont étendus.

La Belgique a opté le mois dernier pour une dépénalisation qui ne dit pas son nom. La détention et la consommation de cannabis pour usage personnel ne seront en principe plus sanctionnés. «En principe» parce que le gouvernement a prévu une étrange exception pour la consommation induisant «un comportement problématique» ou une «nuisance sociale», concepts qui restent à définir.

La plupart des politiques nationales se caractérisent par un écart entre la législation et la pratique. C'est le cas notamment en Italie, en Allemagne, en Autriche et au Danemark, où la consommation privée n'est généralement pas sanctionnée, alors que la loi prévoit des condamnations.

L'Union européenne, de son côté, cherche à harmoniser la lutte contre le tabagisme, mais elle ne prévoit aucune norme commune face au cannabis. Toute tentative se heurterait fatalement à des perceptions très divergentes. La France avait reporté la suppression des contrôles à la frontière avec la Belgique de peur d'être envahie par les dealers venus des Pays-Bas.

Thierry Zweifel, Bruxelles

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