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Calmy-Rey veut plus de respect envers la Suisse

Micheline Calmy-Rey a repris la présidence tournante de la Confédération des mains de Moritz Leuenberger en début d'année. Keystone

Suite aux critiques venues de France (et de l'UE) à l'égard du système fiscal helvétique, la Présidente de la Confédération réclame «un peu plus de respect».

Ce contenu a été publié le 06 janvier 2007 - 11:47

La Suisse n'a pas de conseils à recevoir en matière fiscale, a estimé Micheline Calmy-Rey, vendredi soir sur la Télévision suisse romande (TSR).

«Les lois fiscales suisses sont transparentes. Si on veut les changer, la décision appartient au peuple suisse, estime Micheline Calmy-Rey. On n'a pas de conseils à nous donner.»

En clair, la ministre estime que la France «devrait nous parler avec un peu plus de respect».

Lors de ce passage à la TSR, la cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a précisé que la fiscalité est un marché où la compétitivité doit pouvoir s'exercer.

Cela n'empêche pas la Suisse de jouer la collaboration. En vertu de l'accord bilatéral sur la fiscalité de l'épargne, elle a restitué en 2006 300 millions de francs à l'Union Européenne (UE), note le ministre.

Cette somme est une partie du produit de l'impôt sur l'épargne des Européens établis dans le pays.

Micheline Calmy-Rey rappelle aussi que la Suisse est le deuxième plus gros acheteur de l'UE. Et qu'elle emploie près de 100'000 travailleurs frontaliers français.

Concurrence fiscale

Le contexte de cette réaction est double. Il est français d'abord, mais européen aussi, l'UE et la Suisse se chamaillant autour de la concurrence fiscale exercée entre eux par certains cantons suisses.

En France, la critique est venue de l'un des trois porte-parole de la candidate socialiste à la présidence française Ségolène Royal.

Dans une tribune publiée mardi dans le quotidien «Libération», Arnaud Montebourg a violemment critiqué les «pratiques prédatrices» des «paradis fiscaux suisses» et qualifié la Suisse de «voisin indélicat».

«Calmement, sans polémique»

Interrogé par la Télévision suisse italienne (TSI), le même Arnaud Montebourg a réitéré sa pique, affirmant que «le grand débat sur la fiscalité et le dumping fiscal ne fait que commencer».

Le député de Saône-et-Loire a toutefois estimé que ces discussions devaient se mener «calmement, sans polémique».

Ces déclarations ont fait des remous en Suisse, où de nombreux politiciens ont réagit. Dernier en date, le président du parti radical genevois s'est exprimé sur la chaîne française France 2.

Des arguments «mensongers»

Pierre Maudet a dénoncé les «effets de manche» et les arguments «mensongers» d'Arnaud Montebourg.

Pour le Genevois, le débat sur la fiscalité en France est «justifié», étant donné la très forte imposition subie par les hauts revenus. Ce qui n'est pas une raison pour «dévier» le débat vers la Suisse.

swissinfo et les agences

En bref

L'établissement pour raison fiscale du rocker Johnny Hallyday dans la station huppée de Gstaad a ranimé la discussion autour de la concurrence et l'émigration fiscale.

Johnny Hallyday passera six mois et un jour dans son chalet de l'Oberland bernois et paiera à la Suisse plus de 300'000 euros d'impôts – beaucoup moins que ce qu'il aurait à verser en France.

Le chanteur appuie la candidature de poulain de la droite Nicolas Sarkozy – qui mène l'UMP, le parti au pouvoir actuellement en France.

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