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Bührle a-t-il livré des armes à Téhéran?

Dieter Bührle risque cinq ans d'emprisonnement. Keystone

Dieter Bührle est aujourd'hui dans le collimateur de la justice autrichienne. La semaine dernière, la police a saisi tous les documents et ordinateurs de son bureau autrichien. Le milliardaire suisse est soupçonné de trafic d´armes avec l´Iran.

Ce contenu a été publié le 19 décembre 2000 - 08:31

L'affaire remonte à 1997. En février de cette année-là, la compagnie T&T Technologie Trading Ltd tente par deux fois de faire sortir d'Autriche plusieurs tonnes d'«équipement mécanique». Leur destination: l'Iran. Les douaniers autrichiens ne s'y font pas prendre. Reconnaissant des morceaux de canon, ils refusent de donner leur accord, en vertu d'une «Loi sur les exportations de matériel de guerre» qui interdit entre autre toute vente d'armes à Téhéran.

Quelques jours plus tard, trente-cinq énormes caisses de ces mêmes «équipements» décollent de Bratislava, la capitale slovaque située à quelques kilomètres de la frontière autrichienne. Destination: l'Iran.

Il aura fallu trois ans à la justice autrichienne pour faire le lien entre ces deux événements. Depuis août, le parquet de Korneuburg (nord-ouest de Vienne) a ouvert une enquête. «Nous sommes en train de vérifier tous les aspects de cette affaire, explique la procureure chargée du dossier, Sieglinde Puchner. Mais je peux confirmer que nous enquêtons bien contre Dieter Bührle.»

En 1993, le milliardaire suisse a en effet racheté une société d'armement autrichienne au bord de la faillite. Les dirigeants de cette entreprise venaient d'être accusés... d'avoir vendu des canons à l'Iran et à l'Irak!

Rebaptisée T&T Technologie Trading Ltd, voilà que cette société fait à nouveau la «Une» des journaux. «Nous n'avons jamais livré ne serait-ce qu'une petite pièce de canon à aucun de ces pays», affirme le chargé d'affaires de Bührle en Autriche. Si l'enquête arrive à prouver le contraire, son chef est passible de cinq années d'emprisonnement.

Paul Alexandre, Vienne

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