Navigation

Berne: les preneurs d'otages sont en fuite

Les hommes de l'unité d'élite de la police bernoise peu avant l'assaut. Keystone

Les trois auteurs de la prise d'otages au consulat d'Espagne à Berne se sont volatilisés avant l'intervention de la police. Probablement tôt ce matin.

Ce contenu a été publié le 07 février 2005 - 11:52

Des unités spéciales avaient donné l'assaut en tout début d'après-midi après avoir libéré les otages. Mais elles n'avaient pas pu mettre la main sur leurs agresseurs.

Selon le chef de la police de sécurité de la ville de Berne, les douze hommes de l'unité d'élite n'ont trouvé personne en pénétrant dans le consulat à 13h35.

A en croire Peter Theilkäs, les auteurs de la prise d'otages pourraient même avoir quitté les lieux avant 08.00 heures déjà.

Un employé blessé

C'est en effet, selon le ministre espagnol des affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, peu avant 08h00 lundi matin que trois individus masqués et armés d'un couteau et d'une arme à feu ont forcé la porte du consultat de Berne.

Le porte-parole de la police bernoise a confirmé les faits à swissinfo et précisé que les assaillants avaient blessé d'un coup de couteau le chauffeur de l'ambassade d'Espagne.

Et Jürg Mosimann d'ajouter que deux otages ont été libérés dans la matinée et qu'un troisième employé de la représentation diplomatique espagnole - le chauffeur en l'occurrence - a réussi à s'échapper par ses propres moyens.

Blessé par les preneurs d'otages, ce dernier a pu donner l'alerte avant d'être hospitalisé.

Pas de coup de feu

Enfin, à la mi-journée, un ultimatum a été lancé en allemand et en espagnol aux preneurs d'otages. La police leur donnait un quart d'heure pour sortir les mains sur la tête.

Plus d'une heure après l'expiration de cet ultimatum, les assaillants n'ayant pas bougé, les forces de l'ordre ont finalement décidé de donner l'assaut.

A 13h35 exactement, une douzaine d'hommes des troupes d'élite ont pénétré dans le consulat. Ils ont été suivis par trois personnes en civil.

Aucun coup de feu n'a retenti. L'ensemble du personnel du consulat est sain et sauf.

Vers 15h00, le bouclage de la zone a été levé et les protagonistes ont quitté la représentation diplomatique espagnole.

Un acte terroriste?

Très tôt, l'office fédéral de la police (fedpol.ch) a mis en place un état-major de crise, spécialisé dans la gestion de ce genre de problème.

L'enquête nous permettra de savoir s'il s'agit d'une simple affaire criminelle ou d'un acte terroriste.

Selon le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, les trois preneurs d'otages en voulaient au coffre-fort du consulat.

Cela ne ressemble pas à une affaire de terrorisme, confie à l'agence de presse Reuters un responsable de la diplomatie espagnole, sous le sceau de l'anonymat.

Les autorités helvétiques, quant à elles, ne sont pas encore en mesure de trancher. D'ailleurs, Peter Theilkäs, le chef de la police de sécurité de la ville de Berne, n'exclut aucune hypothèse.

Extradition d'Achraf

Pour mémoire, à la fin janvier, la Suisse a accepté d'extrader vers l'Espagne Mohamed Achraf, chef présumé d'une cellule islamiste qui projetait de commettre un attentat dans le centre de Madrid.

L'Espagne accuse Achraf d'être le cerveau de ce projet d'attentat qui aurait visé l'Audience générale, la plus haute instance judiciaire espagnole.

Selon Madrid, Achraf dirigeait une organisation baptisée les Martyrs pour le Maroc, qui prévoyait de faire exploser un camion bourré de 500 kg d'explosifs devant le siège de l'Audience nationale.

swissinfo et les agences

Faits

Une patrouille de police a trouvé un blessé dans le quartier des ambassades à Berne tôt lundi matin.
Il s’agissait du chauffeur de l'ambassade d’Espagne qui avait réussi à échapper à une prise d’otages.
La police a donné l’assaut en début d’après-midi.
Il n'y a pas eu de coup de feu ni de victime.
Les agresseurs avaient pris la fuite.

End of insertion

En bref

Les précédentes prises d’otages:

- 16 février 1999: des militants kurdes occupent les représentations grecques à Zurich et Muri (près de Berne) ainsi que le siège du Parti socialiste genevois, prenant plusieurs personnes en otages.

- 14 décembre 1988: six opposants iraniens non armés prennent quatre personnes en otages au consulat de leur pays à Genève.

- 12 juillet 1988: des Kurdes occupent le consulat honoraire d'Allemagne fédérale à Bâle, prenant deux personnes en otages.

- 6 septembre 1982: un commando armé occupe l'ambassade de Pologne à Berne et prend treize personnes en otages.

- 14 février 1955: six anticommunistes roumains occupent l'ambassade de leur pays à Berne après avoir abattu le concierge.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?