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Avec Bernard Haller, la vie perd un «mélancomique»

L'humoriste et comédien à Paris en 2006. AFP

L'humoriste suisse, qui se qualifiait lui-même de «mélancomique», s'est éteint vendredi à Genève, à l'âge de 75 ans, des suites d'un problème pulomnaire. Celui qui a fait carrière en France était aussi metteur en scène et comédien.

Ce contenu a été publié le 24 avril 2009 - 17:21

«Je suis en train de construire l'échelle qui va me mener à mes 80 balais. Et croyez-moi, je vais monter chacun des échelons à la vitesse de l'escargot!», confiait l'artiste à l'occasion de son 70e anniversaire.

«J'aime toutes les facettes du spectacle, la diversité de ce métier, surprendre, être surpris...», avouait-il raconté. Volontiers espiègle, il confiait: «Je fête Noël le 3 février! Février est un mois sinistre et le 3 une date épatante! Vous pouvez choisir vos cadeaux sans problème dans les magasins.»

Sur scène, cet homme aux cent visages accompagnait ses mimiques d'intonations désopilantes. Ce jongleur de mots avait le talent de pouvoir faire rire ses spectateurs aux éclats puis de leur nouer la gorge l'instant d'après.

Fin observateur du genre humain, Bernard Haller brodait souvent ses textes sur le thème de l'échec ou de la mort. Il réussissait toutefois à rendre ses observations savoureuses en y mêlant habilement sagesse populaire et dérision.

Petites récitations

Né le 5 décembre 1933 à Genève, il découvre très tôt le pouvoir du comédien sur son assistance. Dès l'âge de six ans il se produit en public dans de petites récitations.

A l'adolescence, il rêve d'être vétérinaire mais découragé par la durée des études, il bifurque vers le droit et travaille un temps au Musée d'histoire naturelle où il se familiarise avec la gemmologie. Il devient même marchand de montres de luxe.

«Je faisais en parallèle du théâtre amateur et en 1953, avec des copains, on a monté un cabaret dans une arrière-salle d'un restaurant de Genève.» Un an plus tard, Bernard Haller participe à la première émission de variétés de la Télévision suisse romande.

Encouragé par le chansonnier vaudois Gilles, il «monte» à Paris en 1958 pour y tenter sa chance. Il doit à Barbara d'être engagé à L'Ecluse. Il enchaîne les cabarets de la capitale, jusqu'à six par soir, et côtoie Jacques Brel et Raymond Devos. Il crée plus tard les aventures du «Baron de Montflacon», une série télévisée pour le jeune public.

Outre-Atlantique

Ses tournées l'emmènent outre-Atlantique où il interprète ses saynètes en anglais. Un imprésario le remarque en 1965 et le voilà invité à se produire durant un mois en Afrique du Sud, en première partie du tour de chant de Marlène Dietrich.

En 1970, son premier spectacle en solo soulève un tel enthousiasme qu'il joue «Et alors?» durant quatre ans. Dans ce one man show, les textes puisent leur comique dans les absurdités de la vie quotidienne.

Il signe d'autres shows, dont «Un certain rire incertain» en 1975, «Epoque épique» en 1987 ou «Comment ça commence?» en 1994. «Le Pianiste» est un des sketches favoris du public: il y soliloque sur la sonate «Clair de lune» de Beethoven. Les meilleurs textes des années 1970 ont fait l'objet du recueil «Dits et inédits».

Bernard Haller a tourné dans près de 50 films et téléfilms. Il s'est régulièrement produit au théâtre, notamment en 2001 dans «Volpone». Le Genevois a reçu plusieurs prix et la France l'a décoré et promu Commandeur des Arts et Lettres.

swissinfo avec Philippe Triverio et les agences

Mais encore...

Père. Marié et père de deux enfants, Bernard Haller a été un passionné de plongée sous-marine.

Humour. Il disait que «l'humour, c'est un petit garçon qui traverse une cave très sombre et qui sifflote pour se donner du courage».

DVD. Il venait de sortir son premier DVD, «Haller hilare», regroupant les moments forts d'une longue carrière pluridisciplinaire.

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Tristesse

Le monde spectacle romand a accueilli avec tristesse la nouvelle du décès de Bernard Haller vendredi.

L'humoriste Lova Golovtchiner, qui connaissait Bernard Haller depuis 50 ans, s'est dit ému et touché. «L'homme par son côté foisonnant, créatif, extraverti était pratiquement toujours en représentation», se souvient le directeur du théâtre Boulimie à Lausanne.

Jean-Charles Simon se souvient lui de Bernard Haller comme d'un homme «prêt à partir dans toutes les aventures malgré son statut d'artiste mythique. (...) Bernard Haller était extrêmement sympathique avec les jeunes comédiens; c'était un modèle», a ajouté l'animateur de la Radio suisse romande.

En hommage, la Télévisions suisse romande (TSR) a programmé deux émissions spéciales les 30 avril et 2 mai, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

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