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Asile: Christoph Blocher prône plus de fermeté

Pour Christoph Blocher, il n'est pas question d'assouplir la pratique en matière d'asile. Keystone

Le ministre de la Justice rend la Commission de recours en matière d'asile (CRA) responsable de divers problèmes en matière d'asile.

Ce contenu a été publié le 02 février 2007 - 16:05

Christoph Blocher et l'Office fédéral des migrations (ODM) préparent de nouvelles mesures et étudient le cadre législatif en la matière.

Alors que le peuple vient d'approuver un nouveau durcissement de la loi et que les élections fédérales se profilent à l'horizon, Christoph Blocher reste toujours sur le devant de la scène. Cette fois sur le terrain de l'asile, «un sujet qui intéresse toujours beaucoup la population», a souligné vendredi à Berne le conseiller fédéral de l'Union démocratique du centre (UDC - droite nationaliste).

En cause, une série d'arrêts de la CRA (intégrée au Tribunal administratif fédéral depuis janvier), qui ont des conséquences graves et qui remettent en question le travail accompli, selon le ministre. Et d'appeler à garder le cap avec fermeté et à agir sans délai.

La CRA «a placé la barre très haut, s'agissant notamment des conditions économiques, pour qu'un renvoi soit raisonnablement exigible dans certains pays», notamment la Serbie (Kosovo compris) et la Bosnie Herzégovine, affirme le Département fédéral de justice et police (DFJP).

Le nombre de personnes admises à titre provisoire reste donc élevé et l'Office des migrations (ODM) doit déployer «des efforts d'investigation considérables».

Il étudie donc, dans le cadre législatif actuel, la possibilité de limiter les investigations à entreprendre et de dresser une liste des pays qui ne présentent pas de danger concret.

Une forte augmentation des demandes d'Erythrée

Le département de Christoph Blocher a également observé qu'une décision de la CRA d'octroyer le statut de réfugiés aux objecteurs de conscience et aux déserteurs a entraîné une forte augmentation des demandes en provenance d'Erythrée.

Les demandes d'asile en provenance de ce pays ont passé de 159 à 1201 entre 2005 et 2006.

L'ODM mène donc des investigations afin de contrer l'attractivité du pays: «l'immigration en d'Erythréens se trouvant dans des pays européens voisins ne doit pas faire école».

Les objecteurs de conscience de ce pays ne recevront donc pas automatiquement le statut de réfugié. L'ODM s'insurge notamment contre une décision de la CRA selon laquelle un rejet d'une demande d'asile rendue par un tribunal allemand et entrée en force n'est pas reconnue en Suisse. Ce qui constitue une violation de la loi en vigueur et des principes de Dublin.

Les mariages forcés

«Au final, il faut toujours se demander comment on peut ensuite intégrer les réfugiés reconnus», a fait valoir Christoph Blocher. A ses yeux, cette question doit sous-tendre la politique d'asile, sachant que seulement 25% d'entre eux ont un travail. Le manque de connaissances linguistiques est aussi un problème.

Une adaptation de la loi sur l'asile aux règles de Dublin est à l'étude. Le DFJP entend également légiférer pour lutter contre les abus commis lors de mariages par procuration conclus à l'étranger. La reconnaissance de ces mariages par la Suisse favorise les mariages forcés, les mariages blancs et la traite des femmes.

L'ODM entend aussi limiter les activités politiques des demandeurs d'asile en Suisse, car ils peuvent ainsi créer une situation dangereuse pour eux dans leur pays d'origine afin d'empêcher leur renvoi.

En outre, le DFJP veut améliorer l'intégration des réfugiés reconnus. Seul un quart d'entre eux travaillent, ce qui entraîne des coûts sociaux élevés pour les collectivités publiques.

La réaction de l'OSAR

L'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) dénonce les critiques de Christoph Blocher envers la Commission de recours en matière d'asile.

Elle évoque «une propagande électorale sur le dos de ceux qui en ont le plus besoin». Pour l'OSAR, la CRA n'a fait que son devoir, en accordant l'asile à des personnes qui risquent des traitements inhumains et dégradants.

Selon l'OSAR, environ 74% des demandes d'asile traitées en 2006 ont abouti à l'octroi d'une protection par la Suisse, avec une admission provisoire dans 54,5 % des cas et l'asile pour 19,4 %.

swissinfo et les agences

En bref

L'an dernier, 10'537 personnes ont demandé l'asile en Suisse, soit 476 (4,7%) de plus qu'en 2005. A l'inverse, un recul de quelque 30% avait été enregistré entre 2004 et 2005.

Selon l'Office fédéral des migrations (ODM), cette hausse s'explique principalement par deux décisions fondamentales de la Commission de recours en matière d'asile (CRA).

En raison de changements pratiques, le nombre de demandes d'asile en provenance d'Erythrée et du Tibet a augmenté de manière significative: avec 1201 demandes, l'Erythrée se trouve au deuxième rang des pays les plus représentés. Soit juste derrière la Servie (1225 requêtes).

L'augmentation du nombre de demandes d'asile en Suisse se situe environ dans la moyenne européenne. La plus forte demande a été enregistrée en Suède (+39%) et la plus forte baisse en Autriche (-41%).

La Pologne (+26%) et les Pays-Bas (+17%) ont également enregistré une hausse des demandes d'asile.

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