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Après Sharon, le déluge?

swissinfo.ch

La presse suisse souligne le vide que laisse le retrait forcé du premier ministre israélien de la scène politique.

Ce contenu a été publié le 06 janvier 2006 - 08:32

De nombreux éditorialistes jugent que, malgré un bilan très contrasté, Ariel Sharon semblait être le seul homme à pouvoir établir une paix au Proche-Orient.

La disparition de Sharon de la scène politique est sans doute «l'événement déstabilisateur majeur en Israël» depuis la mort d'Yitzhak Rabin, écrit La Liberté.

Les deux hommes ont en commun d'avoir créé un vide dangereux autour d'eux, estime le quotidien fribourgeois: «avec sa propension à prendre seul des décisions capitales, Ariel Sharon a brûlé tous les scénarios alternatifs».

Pour la Neue Zürcher Zeitung, il est «difficile de s'imaginer le paysage politique israélien sans Ariel Sharon».

Les électeurs devront pourtant le redessiner ce paysage, en se rendant aux urnes le 28 mars. Et si le Likoud de Benjamin Netanyahu devait l'emporter, le pays trouverait à sa tête un homme que le quotidien zurichois tient pour «structurellement incapable de faire la paix».

Mais le faucon Sharon s'était aussi vu affubler de la même étiquette, rappelle la NZZ.

Faucon ou colombe?

Métaphore ornithologique attendue dans Le Matin également, qui souligne que «l'ancien faucon a rendu Gaza aux Palestiniens et s'est attaché à faire passer un message de colombe à ses concitoyens».

«Sharon disparu, on peut s'attendre au pire», titrent ensemble 24 heures et la Tribune de Genève.

Et l'éditorialiste du quotidien genevois souligne la fragilité de Kadima, le nouveau parti centriste fondé récemment par le premier ministre. Et ce d'autant qu'Ariel Sharon «s'efface sans laisser d'héritage contraignant».

Le Temps insiste lui aussi sur la place centrale occupée par cet homme «qui durant des décennies a bien davantage désuni que réconcilié». Pour le quotidien romand, seule l'Histoire dira si Ariel Sharon aura été «le précurseur d'un Etat palestinien digne de ce nom, ou au contraire son principal fossoyeur».

Et de rappeler - contrepoids au retrait de Gaza -, les «faits accomplis» sur le terrain, l'accroissement des colonies en Cisjordanie, l'emprise sur Jérusalem, le mur de séparation, et surtout «le refus constant de soutenir tous ceux qui, dans le camp adverse, pouvaient servir à empoigner le levier de la paix».

Poids lourd et provocateur

Dans le camp adverse précisément, Le Bund estime que les Palestiniens ne trouveront dans la disparition de Sharon de la scène politique «aucune raison de se réjouir».

Et ceci malgré que Sharon ait été, rappelle le quotidien bernois, l'homme de la colonisation sauvage, «la plus grande faute historique d'Israël», le responsable des massacres dans les camps palestiniens et le provocateur dont la visite sur l'esplanade des mosquées a déclenché la deuxième intifada.

Pour la Basler Zeitung, l'héritage du «poids lourd» Sharon, c'est d'abord ce «sentiment de sécurité» que le «père de la nation» a donné à son pays.

Un sentiment qui ne correspond toutefois à aucune réalité, puisque la vision essentiellement militaire de l'ancien général n'a servi qu'à renforcer, dans l'autre camp, «ceux qui refusent toute paix avec Israël».
Et maintenant que le «one man show» de Sharon est terminé, le quotidien bâlois craint «la prochaine explosion de violence».

Une explosion également pressentie par le Tages Anzeiger, dont l'éditorialiste se demande «si la tactique de Sharon aura aiguisé un conflit qui désormais semble plus loin de sa solution qu'il ne l'a jamais été».

«Si Sharon meurt, y-aura-t-il à nouveau la guerre?», interroge lui aussi le Blick. Une question à laquelle le quotidien de boulevard, pas plus que ses confrères, est évidemment incapable de répondre.

swissinfo

Faits

Le premier ministre israélien a été victime mercredi d'une grave hémorragie cérébrale.
Au terme d'une intervention chirurgicale de sept heures, Ariel Sharon (77 ans) a été placé dans un coma artificiel, sous assistance respiratoire. Selon les médecins, ses chances de rétablissement sont minces.
En vertu de la constitution, c'est le vice-premier ministre Ehud Olmert qui assure l'intérim. Des élections législatives sont prévues le 28 mars.
Ariel Sharon, ancien général des forces armées israéliennes, est entré au gouvernement en 1977. Il est premier ministre depuis 2001.

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