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AOM-Air Liberté aux abois

Keystone Archive

Les réunions de crise se succèdent pour sauver l'aviation française, après les attentats qui ont ensanglanté les Etats-Unis. L'ancien pôle aérien de Swissair, AOM-Air Liberté, est plus que jamais aux abois.

Ce contenu a été publié le 20 septembre 2001 minutes

Depuis que Swissair a abandonné ses participations dans AOM-Air Liberté, l'avenir du deuxième pôle aérien français est toujours aussi incertain. Fin juillet, lorsque le désengagement de Swissair était pratiquement consommé, AOM-Air Liberté perdait l'équivalent d'un million de francs suisses par jour.

Aujourd'hui, la situation n'est guère plus reluisante. Les drames de New York et Washington pèseront lourd sur les comptes du pôle qui venait de lancer les bases sociales et financières d'une importante restructuration. Celle-ci passait par une entente avec Air France.

Programme d'embauches suspendu

Mais aujourd'hui, toutes les compagnies européennes, sans exception, doivent faire face à une crise de grande ampleur suite aux attentats terroristes qui ont semé la terreur en Amérique, et Air France a décidé de suspendre son programme d'embauches: cette mesure remet en cause le reclassement de certains salariés licenciés d'AOM-Air Liberté qui avaient reçu un avis favorable pour intégrer Air France.

Jeudi après-midi, les représentants d'Air France, AOM et Air Liberté, ont été reçus par le ministre français des Transports à l'occasion d'une réunion de crise.

Mardi, Jean-Claude Gayssot avait annoncé, à la sortie du conseil des ministres, qu'il étudiait des mesures de soutien aux compagnies aériennes françaises pour faire face aux graves turbulences que traverse le secteur.

La peur d'un effet de domino

Quoiqu'il en soit, AOM-Air Liberté a besoin, plus que jamais, de l'argent que Swissair doit verser au pôle comme prix de son désengagement. A Paris, tout le monde craint un effet de domino avec des compagnies européennes croulant les unes après les autres sous les difficultés financières.

Et si Swissair, dont la capitalisation boursière fond comme neige au soleil depuis les attentats, ne pouvait pas faire face à ses obligations? Certes, la compagnie nationale a effectué un premier versement de 1,05 milliard de francs français à AOM-Air Liberté, mais il reste encore à l'ancien actionnaire suisse 250 millions de francs à verser d'ici à la fin de l'année.

De toute manière, cet argent ne sera pas suffisant pour sauver le deuxième pôle français plus que jamais dans les chiffres rouges. Durant les cinq premiers mois de l'année, AOM-Air Liberté a essuyé des pertes de 450 millions de francs français.

Le changement de nom passe inaperçu

Bien que situé sur un marché de niche, avec notamment des vols en direction des départements d'outre-mer, le deuxième pôle aérien souffrira de la psychose générale qui s'est emparé du marché aérien.

AOM-Air Liberté, qui prévoyait notamment de reprendre ses vols sur Alger, devra revoir ses objectifs à la baisse. Dans ces conditions, le changement de nom d'AOM-Air Liberté, rebaptisé depuis jeudi Air Lib, est passé quasiment inaperçu.

Jacques Allaman, Paris

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