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Alger transmet à Berne des listes d'opposants politiques

De nombreux opposants algérien ont trouvé refuge en Suisse, notamment à Genève. Keystone Archive

En visite officielle aux Etats-Unis, le président algérien a remis à Washington une liste de 350 «terroristes». Des noms aussitôt transmis à la Suisse.

Ce contenu a été publié le 12 novembre 2001 - 08:33

L'Armed islamic group, comprenez le Groupement islamique armé (GIA) est inscrit entre l'Arab revolutionary council, et l'Army of Mohammed, un groupuscule pakistanais, soupçonné d'entretenir des liens avec Oussama Ben Laden. Sur ces longues listes d'organisations terroristes figure dorénavant le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), un autre mouvement algérien.

Depuis les attentats du 11 septembre, les Etats-Unis déversent sur le monde entier des noms de partis politiques, d'associations, de banques, ainsi que d'individus soupçonnés d'être liés à la grande criminalité.

La semaine dernière, la Suisse a ainsi été contrainte de bloquer les comptes de la société Al-Taqwa au Tessin, alors qu'elle ne possède pas le moindre indice contre cette entreprise.

Couper les vivres aux islamistes

Plus grave, certains pays profitent du contexte actuel pour tenter de ses débarrasser de leurs opposants. C'est le cas de l'Algérie, qui a adressé aux Américains une liste de 350 islamistes soupçonnés d'entretenir des liens avec Oussama Ben Laden. Abdelaziz Bouteflika a également demandé que l'on coupe les vivres aux islamistes algériens réfugiés aux Etats-Unis et en Europe.

Le problème, c'est que les noms fournis par le pouvoir algérien sont presque automatiquement envoyés, sans la moindre vérification, dans le monde entier, et notamment en Suisse, où vivent de nombreux opposants au régime algérien. «Heureusement, Berne n'accorde guère de crédit aux accusations venant d'Alger», constate Mourad Dhina, le porte-parole du Conseil de coordination du Front islamique du salut (FIS) à Genève.

Malgré l'insistance algérienne, les Etats-Unis ne mentionnent ni le FIS ni ses dirigeants. En revanche, ils pourchassent le GIA et le GSPC, deux autres organisations qui combattent le pouvoir algérien. «Ni moi ni aucun de mes amis n'a été inquiété en Suisse. En revanche, je connais un chercheur arabe qui a eu des ennuis en Italie», commente Habes Mostepha, un proche de l'islamiste Ahmed Zaoui, expulsé de Suisse il y a trois ans.

Ian Hamel

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