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Affaire Regli: Samuel Schmid exige la vérité

Samuel Schmid a réclamé une enquête administrative. Keystone

Samuel Schmid réagit aux révélations sur Peter Regli. Le chef du Département de la défense veut toute la lumière sur l'achat de missiles russes.

Ce contenu a été publié le 28 octobre 2001 - 10:51

De sa propre initiative, l'ancien chef des services secrets suisses avait acheté en 1994 deux systèmes de missiles anti-aériens russes SA-18. Peter Regli avait ainsi dépensé plus de 300.000 francs pour se procurer l'équivalent russe du «Stinger» américain. Il y a deux mois, les militaires ont voulu les exporter discrètement vers l'Afrique du Sud mais le ministre de la défense a mis son veto et ordonné l'ouverture d'une enquête.

Le conseiller fédéral Samuel Schmid, chef du Département fédéral de la défense (DDPS), n'a appris l'existence de ces missiles russes que lorsque les militaires lui ont présenté un projet visant à les échanger contre des prestations sud-africaines en faveur des forces aériennes suisses, révèle l'édition de dimanche du SonntagsBlick.

Faire toute la lumière

Le ministre de la défense a promis de faire toute la lumière sur cette affaire et sur l'achat de ces armes restées inutilisées au fond d'un bunker secret dans une forêt près de Thoune (BE).

L'enquête ordonnée par le ministre de la défense ne se limite pas à une enquête administrative interne mais comportera également des investigations externes. Samuel Schmid a également promis de faire toute la lumière sur les contacts douteux établis par Peter Regli avec l'Afrique du Sud et sur l'éventuelle existence d'un accord secret conclu en 1986 entre les services secrets suisses et sud-africains en vue de collaborer dans le domaine de la défense contre les armes chimiques.

Accord secret signé

«Je me rappelle parfaitement que nous avons obtenu un accord négocié et signé par les Suisses. Peter Regli en a été informé. Ce n'était pas un petit accord de routine», a déclaré l'ancien chef des services secrets sud-africains, le général Chris Thirion, dans un entretien publié dimanche dans Le Matin. Chris Thirion a toutefois souligné que cet accord ne portait que sur le domaine défensif. Peter Regli a toujours nié avoir eu connaissance du programme d'armes chimiques et bactériologiques de l'Afrique du Sud.

Durant les années 80, une des tâches du service des renseignements était de se procurer des armes étrangères à un seul exemplaire en vue de réaliser des tests. Cette pratique avait cependant été abandonnée au lendemain de la Guerre froide, à l'exception de cet achat de 1994, a précisé Oswald Sigg, porte-parole du DDPS. On ne sait pas pourquoi ces armes n'ont pas été testées. Aujourd'hui, il a été décidé de les éliminer de la manière la plus sûre et sans le moindre risque pour l'environnement.

L'ombre du terrorisme

On ne sait pas par quel canal ces armes ont été livrées en Suisse et si l'opération s'est déroulée conformément aux règles légales. Selon la TV alémanique, Peter Regli a justifié cet achat en déclarant qu'après l'éclatement de l'Union soviétique, ces armes ne devaient pas tomber entre les mains de terroristes.

Les SA-18 sont répertoriés par l'OTAN sous le nom de code «grouse». Leur fonctionnement est semblable à celui des «Stinger» américains que possède l'armée suisse. Posé sur l'épaule d'un soldat, un tube permet de lancer un missile léger capable d'abattre un avion ou un hélicoptère à plusieurs kilomètres de distance.

swissinfo avec les agences

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