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Affaire Pinochet: le procureur Bertossa qualifie d'hypocrite la prise de position de Jack Straw

Les réactions ont fusé suite aux propos de Jack Straw qui se dit favorable à une libération de l’ex-dictateur chilien pour raison médicale. Les pays d’où sont parties des demandes d’extradition contre Augusto Pinochet étudient les réactions possibles.

Ce contenu a été publié le 13 janvier 2000 - 10:03

Les réactions ont fusé mercredi suite aux propos de Jack Straw qui se dit favorable à une libération de l’ancien dictateur chilien pour raison médicale. Les pays d’où sont parties des demandes d’extradition contre Augusto Pinochet (l’Espagne, la Suisse, la France et la Belgique) planchent sur les réactions possibles.

Ce mardi, le ministre britannique de l'Intérieur a en effet donné une semaine aux parties concernées pour faire part de leurs réactions. Jack Straw est prêt à libérer le général Pinochet, suite à une expertise médicale déclarant l’ancien dictateur trop malade pour être extradé et jugé en Espagne.

Le juge genevois Bernard Bertossa (qui est à l’origine de la demande d’extradition helvétique à l’encontre de l’ancien chef de la junte militaire chilienne) souligne en premier lieu qu’il est difficile de se prononcer sur un dossier médical qui restera très vraisemblablement secret. «J’ai le sentiment que les Anglais sont en train de préparer hypocritement une sortie peu honorable de ce dossier», s’indigne Bernard Bertossa et de poursuivre: «La Grande-Bretagne se signale depuis de nombreuses années par une attitude inadmissible en matière d’extradition en général. Est-ce que les autres Etats vont continuer à tolérer que la Grande-Bretagne ne respecte pas ses engagements internationaux? C’est aux autorités politiques de répondre».

De fait, les possibilités de recours semblent bien minces et ce même si le juge Baltasar Garzon, responsable de la demande d’extradition espagnole, s’est donné vingt-quatre heures pour réagir. Seule une réaction politique des Etats concernés pourrait éventuellement infléchir la position britannique. Or, l’Espagne comme la France ont déjà fait savoir qu’elles respecteraient la future décision britannique. Quant à la Suisse et à la Belgique, elles étudiaient encore ce mercredi la question.

Restent les victimes et leurs proches qui se déclarent le plus souvent scandalisées par la position de Londres. Mais comme le déclare Patricio Arellano, de l’association des Chiliens de Genève et du Comité procès contre Pinochet, la lutte continuera au Chili où plusieurs procès sont ouverts contre d’anciens responsables de la junte militaire.

Frédéric Burnand

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