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Accord sur le climat à Marrakech

La délégation suisse quitte le palais royal: Moritz Leueneberger au centre, avec à droite Mario Carrera et l'ambassadeur Daniel de Muralt. Keystone

Les règles de mise en oeuvre du protocole de Kyoto ont été adoptées samedi à Marrakech, au Maroc, par les représentants de 167 pays.

Ce contenu a été publié le 10 novembre 2001 - 16:42

Après des négociations marathon, la conférence de Marrakech sur le climat est finalement parvenue à un accord samedi. Le résultat, jugé maigre par les écologistes, sauve malgré tout le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre.

«Nous avons un accord», a déclaré aux premières heures de samedi le ministre britannique de l'Environnement Michael Meacher, après des négociations qui se sont prolongées au-delà de vendredi, dernier jour officiel de la conférence. «C'est un jour remarquable pour l'environnement après quatre ans de négociations sur Kyoto», a-t-il ajouté.

L'adoption de ces règles, en négociation depuis la conclusion de Kyoto en 1997, va ouvrir la voie à la ratification du protocole. Celui-ci impose 52 % de réduction d'émissions de CO2 (gaz carbonique) et de cinq autres gaz à 39 pays industriels à l'horizon 2010 par rapport à 1990.

L'accord a été conclu par les ministres de l'Environnement et de l'Energie de 164 pays au terme de deux semaines de négociations sous l'égide des Nations unies dans la ville impériale marocaine. Il dresse un règlement détaillé pour l'application du traité appelé à limiter le réchauffement climatique.

Sauver le protocole de Kyoto

Le ministre belge de l'Energie, Olivier Deleuze, à la tête de la délégation de l'Union européenne, a estimé que l'accord de Marrakech devrait sauver le protocole de Kyoto. L'UE a fait savoir qu'elle le ratifierait d'ici 2002, mais le traité doit être ratifié par au moins 55 pays, responsables de 55 % des émissions de dioxyde de carbone en 1990, pour pouvoir entrer en vigueur.

Peu après le chef de la délégation russe, Alexandre Bedritsky, a annoncé que son pays était désormais disposé à ratifier le protocole. La ministre japonaise de l'Environnement, Yoriko Kawaguchi, s'est abstenue pour sa part de promettre la ratification de Kyoto par son pays.

Deux pays clés

Le Japon et la Russie sont les deux pays clés d'une entrée en vigueur du protocole depuis la défection des Etats-Unis en mars. Washington a annoncé qu'elle ne ratifierait pas le protocole, le jugeant trop contraignant et injuste parce qu'il n'impose que des obligations d'inventaires aux pays en développement.

Le président de la Confédération, Moritz Leuenberger, avait pris mercredi la parole devant l'assemblée pour annoncer le lancement de la ratification du protocole par la Suisse. En cas d'accord à Marrakech, le Conseil fédéral soumettra le texte au parlement l'année prochaine.

Les écologistes mitigés

Les 30 pays les plus industrialisés devront réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, en particulier le dioxyde de carbone (CO2), de 5,2 % d'ici à 2012 par rapport aux niveaux de 1990.

Pour Greenpeace la bataille livrée à Marrakech a débouché sur un «maigre résultat». Pour prévenir les conséquences néfastes du changement climatique, les réductions d'émission devraient être beaucoup plus fortes, selon l'association.

Le directeur de l'Office fédéral de l'environnement, Philippe Roch, qui était l'un des médiateurs, est d'accord avec les écologistes. Mais le compromis permettra malgré tout d'aller de l'avant, a-t-il souligné samedi

Pour lui, ce sont surtout l'Union européenne (UE) et les pays en voie de développement qui ont permis de débloquer les négociations, avec des concessions à l'égard des pays du groupe de l'Umbrella (Russie, Japon, Australie et Canada).

swissinfo avec les agences

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