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A Zurich le passeport suisse est-il trop cher?

La question de l’intégration des étrangers va rester l’un des enjeux importants de la vie politique zurichoise. picswiss.ch

Votations populaires de ce week-end: la ville de Zurich se prononce sur l'élimination d'une partie des taxes que doivent payer les candidats à la naturalisation. La gauche et les Verts soutiennent l'initiative, la droite et les autorités municipales la rejettent.

Ce contenu a été publié le 02 mars 2001 - 18:25

L'argent ne doit pas être un obstacle à l'acquisition de la nationalité suisse. C'est sur la base de cette conviction que le Parti socialiste et les Verts sont partis en guerre contre les taxes que fait payer la commune à ceux qui souhaitent devenir citoyens de Zurich.

Des taxes qui sont calculées en fonction du revenu et de la fortune des candidats. Elles vont ainsi de 125 francs à 50 000 francs, mais correspondent, dans la grande majorité des cas, à environ un salaire mensuel. A quoi s'ajoutent des taxes cantonales pour à peu près le même montant.

C'est trop, pensent les partisans de l'initiative, et cela contribue à décourager ceux qui seraient en droit de demander leur naturalisation. «Ce n'est pas seulement une question économique, argumente la socialiste Fiammetta Jahreiss-Montagnani, membre du législatif de la ville. Mais c'est presque une question morale. La nationalité suisse n'est pas une marchandise».

Autre lecture de la situation de la part du Conseil municipal - pourtant à majorité de centre-gauche - et à droite. On considère que ce n'est pas la question financière qui retient les candidats potentiels, mais d'autres motifs, comme les problèmes de double nationalité, l'obligation de servir, pour les hommes, ou tout simplement le manque d'attractivité du passeport à croix blanche.

Et puis, pourquoi la ville renoncerait-elle ainsi à une source de revenu (environ 2 millions et demi par an)? «Zurich a encore une dette énorme, de 1,3 milliard de francs, explique Monjek Rosenheim, représentant radical au législatif municipal, il faut donc faire attention à la situation financière».

Mais, au-delà des chiffres, cette initiative part du point de vue qu'il n'y a pas assez de naturalisations à Zurich, où les étrangers forment environ 30% de la population. Une sorte de contre-mesure à la ligne suivie par l'UDC, l'Union démocratique du centre.

«L'UDC fait une politique très dure vis-à-vis des étrangers, avance Fiammetta Jahreiss-Montagnani. Pour nous, les chiffres ne correspondent pas à la réalité. Car beaucoup de ces gens sont des étrangers uniquement sur le papier: ils sont nés, ils ont fait leurs écoles ici. Ils sont plus suisses qu'italiens, portugais ou turcs.»

Pour Monjek Rosenheim, par contre, un encouragement supplémentaire à se naturaliser n'est pas nécessaire. Il en veut pour preuve la progression, ces dix dernières années, des naturalisations: environ 200 en 1990, 500 en 1995 et près de 1800 l'année passée.

Quel que soit le résultat de la votation, dimanche, cette question de l'intégration des étrangers va rester l'un des enjeux importants de la vie politique zurichoise, la droite comme la gauche essayant de faire avancer leurs points de vue.

Ainsi, les Verts sont en train de lancer une initiative visant à retirer les questions de naturalisation du domaine réservé des citoyens dont le lieu d'origine est la ville de Zurich. Et l'UDC, de son côté, a fait appel après le rejet de deux de ses initiatives, dont l'une demande que les naturalisations soient sanctionnées par le peuple.

Pierre Gobet, Zurich

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