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A la recherche d'un nouvel «Esprit de Davos»

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Les Grisons doivent continuer à accueillir le Forum économique mondial, l'année prochaine et les suivantes. Le gouvernement cantonal en est convaincu après avoir pris connaissance du rapport Arbenz, publié jeudi. Mais les autorités de Coire se lancent en même temps un défi: désamorcer les tensions entre pro et anti-globalisation.

Ce contenu a été publié le 06 septembre 2001 - 20:21

Davos doit-elle garder son Forum économique mondial? Est-il encore possible d'organiser dans la célèbre station de montagne une réunion aussi ambitieuse et aussi exposée? La question est brûlante après le traumatisme de Gênes, en juillet dernier.

Tout sommet international semble devoir désormais répondre au même scénario: manifestations monstres, débordements violents, répression policière.

A Davos, c'est depuis 1999 qu'ont lieu chaque année, durant le Forum, des manifestations anti-mondialisation. En janvier dernier, les forces de sécurité avaient réussi à parfaitement assurer le bon déroulement de la manifestation.

Peter Arbenz à la rescousse

Mais elles avaient dû, pour cela, transformer la petite ville en forteresse, en la coupant du monde. Du coup les violences avaient éclaté ailleurs, en particulier à Zurich. Beaucoup s'étaient alors demandé si l'organisation de cette réunion à Davos était encore, dans ces conditions, judicieuse.

Oui, a donc répondu ce jeudi le gouvernement de Coire, en dévoilant les conclusions de l'analyse effectuée ces derniers mois par l'ancien haut fonctionnaire fédéral Peter Arbenz.

Un soutien assortit d'un certain nombre de réserves, notamment quant à l'évolution des conditions de sécurité. Mais c'est aussi l'explosion des coûts engendrés par l'édition 2001 de la manifestation qui inquiète.

Environ 8 millions de francs suisses sont restés à la charge de l'Etat, dont près de la moitié pour le canton des Grisons. «Ces coûts ne peuvent pas continuer à augmenter», a averti jeudi la responsable des finances cantonales, Eveline Widmer-Schlumpf. D'autant que la Confédération, qui rembourse 80% des frais liés à la protection des personnalités étrangères, vient de décider de plafonner sa contribution.

Quant à l'opération de police déployée en janvier dernier, le gouvernement cantonal lui attribue une bonne note, tout en reconnaissant que des erreurs ont été commises: «certaines personnes se sont vues à tort interdire l'accès à Davos.»

Nouvelles règles du jeu

A l'avenir, le canton veut une plus grande transparence, et surtout une meilleure intégration des opposants à la mondialisation. A terme, les autorités imaginent jeter les bases d'un renouvellement de l'«Esprit de Davos».

«Communication et désescalade, ce sont les deux directions dans lesquelles nous travaillons», a martelé le conseiller d'Etat Klaus Huber.

L'idée est de mettre sur pied une plate-forme de communication entre le Forum et les mouvements qui le critiquent de manière pacifique. «Nous sommes absolument favorables à cette initiative», réagit André Schneider, directeur administratif du Forum économique mondial, tout en promettant un soutien financier. L'organisation salue par d'ailleurs le contenu du rapport Arbenz.

Autoriser les manifestations

Ce n'est pas tout à fait le cas de la Déclaration de Berne, déçue de ne pas avoir été consultée, bien qu'organisatrice, ces deux dernières années à Davos, d'une réunion alternative au Forum.

Une réunion perturbée, cette année, par les mesures policières. «Nous demandons la garantie de la liberté d'expression et de mouvement pour tous», précise Matthias Herfeldt.

Justement, l'une des questions les plus controversée, à Davos, est celle de des manifestations, interdites année après année. Sur ce point, le rapport Arbenz recommande aux autorités de la ville de délivrer, sous certaines conditions, une autorisation de manifester.

Mais le dernier mot devrait appartenir au Tribunal fédéral, qui doit se prononcer prochainement sur le recours déposé par les organisateurs de la manif de cette année.

Pierre Gobet, Coire

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