Navigation

A la découverte d'un bisse Valaisan

Promenade guidée par Sonia Tissières le long du bisse du Levron. swissinfo.ch

Une balade le long de ces canaux d’irrigation fait remonter jusqu’à l’époque où les Valaisans devaient exploiter la moindre goutte d’eau.

Ce contenu a été publié le 28 août 2003 - 08:05

swissinfo a suivi le cours de l’un des plus connus de ces témoins du passé, le bisse du Levron, dans le Val de Bagnes.

A première vue, le bisse du Levron n’a rien de bien impressionnant. Il n’est pas très large – un mètre environ – et son courant plutôt paresseux.

Mais la véritable dimension du canal et le rôle important qu’il a joué dans le passé se révèlent après avoir suivi son cours pendant environ deux heures.

Ce canal d’irrigation détourne l’eau d’un torrent de montagne vers le village de Levron, à 25 kilomètres, et cela depuis quelque 500 ans.

Après avoir traversé des forêts et des pâturages, son cours passe au-dessus de la station de Verbier, dégringole dans une gorge étroite avant de faire un virage final en direction de Levron.

Les gens du village utilisent depuis longtemps un système d’arrosage moderne, mais le canal a subsisté.

Conservation

Notre guide, Sonia Tissières, raconte à quel point elle se réjouit que le bisse du Levron et d’autres anciens canaux d’irrigation valaisans aient été préservés ou soient en cours de restauration.

Le bisse du Levron est l’un des quelque 200 anciens canaux d’irrigation qui subsistent dans le canton du Valais. Ils couvrent une distance totale de quelque 750 kilomètres. Et tous sont bordés d’un sentier pédestre.

«Nous avons besoin de comprendre comment vivaient nos ancêtres et les bisses sont absolument uniques au monde», s’enthousiasme Sonia Tissières.

Elle raconte que, pendant longtemps, le bisse du Levron n’était pas seulement source de richesse mais aussi de conflits entre les villages du Val de Bagnes.

Au 15e siècle, Levron demanda à l’abbé du Grand Saint-Bernard l’autorisation d’exploiter les eaux du glacier de Tortin.

Sabotage

La demande a fini par être approuvée, à la grande consternation des villageois vivant juste en dessous du ruisseau de montagne, peu soucieux de voir son cours détourné.

Ils ont donc saboté le canal, et leur révolte dura des dizaines d’années.

Dans sa forme actuelle, le bisse du Levron date de 1484. Il n’est plus victime de villageois en colère mais d’enfants et d’adultes négligents.

«Mon travail consiste aussi à ôter les pierres jetées par des gamins et même des adultes qui feraient mieux de donner l’exemple», explique un homme croisé en route et qui se trouve être l’actuel gardien du bisse.

Ainsi que l’expliquent les panneaux d’information jalonnant le sentier, il y a toujours eu un gardien, chargé d’inspecter le canal, effectuer les réparations nécessaires et s’assurer que les gens respectent les règles nécessaires à sa préservation.

Un cours capricieux

Avant d’être canalisé, le ruisseau de montagne serpente à travers une tourbière luxuriante.

Le marécage est une oasis de verdure entourée de pentes balafrées par les installations du vaste domaine skiable de Verbier. De quoi réaliser que l’eau n’a pas toujours été de soi dans cette région de vacances.

Pour les dizaines de milliers de touristes qui viennent chaque année dans le Val de Bagnes, souvent pour passer quelques jours à Verbier, il est normal d’avoir suffisamment d’eau pour boire, se doucher, cuisiner ou pour produire de la neige artificielle.

Un réservoir constitué par l’homme

Le petit canal d’irrigation ne pourrait jamais assouvir cette immense soif collective et Verbier dispose aujourd’hui du réservoir de Louvie. C’est un lac qui a été aménagé dans une zone préservée, à quelque trois heures de marche de la tourbière.

Verbier a toutes les apparences d’une petite ville, mais la plus grande partie des 300 kilomètres carrés du Val de Bagnes constituent une réserve naturelle protégée.

Notre marche est accompagnée du sifflement aigu des marmottes, et nous apercevons les premiers chamois et bouquetins.

En descendant vers le lac, nous constatons qu’il s’intègre parfaitement à la beauté sauvage du paysage alpin.

swissinfo, Dale Bechtel, Val de Bagnes

Faits

Le Valais a préservé quelque 200 anciens canaux d’irrigation.
Ceux-ci couvrent une distance totale de 750 km.
Verbier est le village le plus connu des 23 communes du Val de Bagnes.
Cette vallée de 30 km carrés est en grande partie une réserve naturelle protégée.
Les sentiers pédestres du Val de Bagnes sont bien signalés.
On peut facilement engager un guide pour découvrir le patrimoine historique et naturel de la région

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?