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«Vitus» peut encore gagner un Oscar

Dans la scène finale, le jeune acteur se produit réellement dans le cadre d'un vrai concert. Keystone

C'est mardi à Los Angeles que l'on saura si le film du Suisse Fredi Murer sera ou non nominé parmi les cinq meilleurs films étrangers en vue des Oscars.

Ce contenu a été publié le 23 janvier 2007 - 07:30

«Vitus», qui a déjà conquis le public lors de divers festivals internationaux, a passé la semaine dernière la demi-finale des neuf meilleurs films étrangers.

Les Suisses n'avaient pas été autant tenus en haleine depuis 1991, lorsque Xavier Koller avait gagné la fameuse statuette pour le meilleur film étranger avec son long-métrage «Le voyage de l'espérance» (Reise der Hoffnung).

Désormais, c'est au tour de «Vitus», possible finaliste des Academy Awards, de faire honneur au cinéma suisse. Le film de Fredi Murer a déjà connu un grand succès en Suisse et en Allemagne et a été primé par le public dans divers festivals internationaux, notamment ceux de Rome et d'AFI à Los Angeles.

Un vrai génie

Ce film raconte l'histoire d'un enfant prodige, interprété par le très jeune Teo Gherghiu. Né en Suisse de parents roumains, il avait 12 ans et déjà une belle carrière de concertiste derrière lui lorsque le film a été tourné.

«Selon moi, c'est le meilleur film suisse de l'an dernier, déclare à swissinfo Mathias Lerf, critique de cinéma pour le journal dominical 'SonntagsZeitung'. Ce qui m'a surtout plu, c'est l'interprétation de Bruno Ganz dans le rôle du grand-père.»

Critique cinématographique auprès du «Corriere del Ticino», Antonio Mariotti a lui aussi apprécié la prestation de Bruno Granz. Mais, pour lui, le film brille surtout grâce au mérite de son génial protagoniste.

«Contrairement à la majeure partie des films où les acteurs ont besoin d'une doublure pour jouer certaines choses bien particulière, ici, l'enfant est réellement un prodige. Cela permet au metteur en scène de faire de longs plans dans lesquels l'enfant entre dans une salle, s'assied au piano et commence à jouer des pièces éclatantes. C'est l'aspect le plus émouvant et le plus surprenant du film», commente le critique tessinois.

Deux générations de cinéastes

Fredi Murer, l'un des rares pères-fondateurs du cinéma suisse moderne encore en activité, n'a jamais accepté trop de compromis pour réaliser ses films et ses documentaires. Et il n'en a en fait pas tourné beaucoup.

Dans le cas de «Vitus», le réalisateur aurait par exemple pu prendre un autre jeune acteur et une doublure. Mais le résultat aurait certainement été différent.

Il faut rappeler que le film a eu une gestation très longue. A un certain moment, Fredi Murer s'est bloqué sur le scénario. Mais il a réussi à se remettre en route grâce à la collaboration de Peter Luisi, jeune cinéaste suisse qui a étudié le cinéma aux Etats-Unis.

L'histoire traduit ce souffle de fraîcheur et de légèreté. Parfois même, elle semble faire un clin d'œil au public, «mais sans détruire le film», précise Antonio Mariotti.

S'il est vrai que dans quelques passages, «Vitus» prend un peu trop l'aspect d'une fable. Fredi Murer, d'habitude beaucoup plus sec et concis dans ses histoires, a évité le piège d'en faire un simple documentaire sur un enfant prodigue.

Une année exceptionnelle

«Il est certain que si ´Vitus´ était nominé pour les Oscars, ce serait le couronnement idéal d'une année exceptionnelle pour le cinéma suisse», conclut Antonio Mariotti.

2006 a en effet été une année profitable: 37 films de fiction ont été produits, 55 productions (18 fictions, 15 documentaires et 22 court-métrages) ont été sélectionnées dans d'importants festivals internationaux et 37 films ont été primés.

L'année a été exceptionnelle aussi pour les salles suisses. D'habitude, seuls un ou deux films nationaux enregistrent des entrées record, laissant des miettes aux autres productions. Mais l'an dernier sur un total de 14 millions de billets vendus (au 1er décembre), 1,4 million ont été achetés pour des films suisses.

swissinfo, Raffaella Rossello
(Traduction de l'italien: Olivier Pauchard)

En bref

Metteur en scène innovant et indépendant, Fredi Murer a livré une contribution essentielle au développement cinématographique suisse.

L'un des thèmes récurrents de ses films est la communication, pas seulement verbale, entre les êtres et les générations.

«Vitus» a reçu de bonnes critiques à l'étranger. Il a été acheté dans une trentaine de pays et a participé à plus de 6 festivals, parmi lesquels ceux de Montréal, de San Sebastian, de Rome, de l'AFI de Los Angeles et de Berlin où il a gagné l'Ours de bronze.

Il a gagné le prix du public à Rome, Chicago et Los Angeles.

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NEUF SEMI-FINALISTES

L'Académie américaine des arts et des sciences du cinéma a introduit cette année de nouvelles règles pour les films étrangers.

Neuf ont été présélectionnés, parmi lesquels «Vitus». Les cinq finalistes qui participeront aux Oscars, le 25 février, sont choisis ce mardi.

Les autres films en lice sont: «Indigènes» (Algérie) de Rachid Bouchareb; «Water» (Canada) de Deepa Mehta, «Après le mariage» (Danemark) de Susanne Bier; «Fauteuils d'orchestre» (France) de Danièle Thompson, «La vie des autres» (Allemagne) de Florian Kenckel von Donnersmarck, «Le labyrinthe de Pan» (Mexique) de Guillermo del Toro, «Black Book» (Pays-Bas) de Paul Verhoeven et «Volver» (Espagne) de Pedro Almodovar.

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